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Où Andrée se présente

Qui suis-je ? Je l’ignore. D’où viens-je ? Je n’en ai aucune idée. Où vais-je ? Je n’en sais pas davantage.

M’inspirant un peu trop d’un traité de philosophie élémentaire appartenant à Papa, lequel j’ai dévoré avec un intérêt passionné, j’en suis arrivée à me demander ce que je suis venue faire en ce bas monde. Je n’ai pas encore trouvé une réponse satisfaisante à cette question ; cette réponse, je l’attends, donc, avec assez de tranquillité, ma foi. Elle arrivera peut-être un jour…

Aux yeux de la société et devant la loi, je suis un personnage qui ne compte guère, n’étant pas majeure. Je m’appelle Andrée Marie Louise Dupuis. Je suis née le 27 mars 1903, à Paris, au numéro cinq du boulevard Morland.

Mon père est Victor Henry Philibert Dupuis ayant en l’année mille neuf cent épousé ma mère, Marie Isabelle Sophie Delaoutre. Ils avaient à ce moment-là respectivement 30 et 23 ans.

De ce mariage naquirent tout d’abord un garçon, puis une fille. Tous deux sont morts avant d’avoir connu les extravagances de ce monde. Le premier succomba à l’âge de quelques jours, la seconde de quelques heures seulement. C’est dommage ! Je vins donc sur cette terre la troisième de la famille. Trois ans plus tard, je saluai l’arrivée d’une petite sœur, Germaine Andrée Marie, dont je fus à la fois la grande sœur et la marraine. Dix huit mois plus tard, le 15 août 1907, vint un troisième héritier en la personne de Pierre Paul Henry Louis, à cette époque poupon capricieux et criard. Enfin, Henri Victor Philibert, dit « Douty » clôtura le 7 mars 1911 la série des Dupuis-Delaoutre.

A l’époque de ma naissance, mon père avait encore à Douai sa mère, Léonie Dupuis, que j’appelais Bonne Maman et qui nous suivra dans les périples que je vais raconter à la suite de mon histoire. Il avait également une sœur et un frère. Sa sœur, donc, Louise, épouse d’Emile Delemer, que j’appelais « ma tante Louise », et qui beaucoup plus tard se fera appeler « Tantante », nous suivra également dans tous nos périples. C’est une femme qui comptera beaucoup tout au long de ma vie, car, n’ayant pas d’enfants, elle s’était prise d’une grande affection pour nous tous, ces neveux et nièces. Nous la retrouverons souvent tout au long de ce journal.

Le frère de Papa était Henry Dupuis, mon oncle Henry, marié à ma tante Léa, tenant commerce de laine à Douai, et que nous aurons l’occasion de revoir tout au long de ce journal.

Quant à Papa, il avait senti dans sa jeunesse ses goûts l’incliner vers Saint-Cyr. Mais, parvenu au grade de Lieutenant, sa carrière a été malheureusement brisée par un accident de chemin de fer à la suite duquel on dut l’amputer d’une jambe. Il entra alors au Ministère des finances, à Paris où je suis née, en qualité d’employé dans je ne sais quel sombre bureau. Il y resta pendant quatre ans qui ont suivi ma naissance. Puis, comme nous le verrons dans la suite de mon histoire, il sera muté en Normandie, en qualité de Receveur des Finances, région où nous vivrons pendant plusieurs années.

Ma mère avait également ses parents à Douai, ville où ils tenaient une pharmacie. Je ne les ai pas connus longtemps, car ils ont disparus alors que j’étais très jeune encore : Henry Delaoutre et Zénaïde[1], que j’appelais Bonne Maman Zéna.  Avec eux vivait encore un fils, Paul, mon oncle Paul qui se mariera plus tard avec ma tante Germaine et dont je reparlerai bien souvent car ils ont tous deux compté dans ma vie.


[1] Zénaïde Delaoutre, née Maton

Publié dans:Andrée se présente |on 21 janvier, 1903 |Pas de commentaires »

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