Archive pour la catégorie 'Pierrot'

Septembre 1918 – Rentrée des classes à Evreux

Voici donc la période des classes sur le point de recommencer et, pour Pierrot et moi, dans des conditions bien différentes des années précédentes. C’est ce que nous rappelle à chaque instant cette maison étrangère à laquelle 48 heures de séjour n’ont pu encore nous familiariser !

Nous sommes arrivés hier vers midi et demie. Nous avions quitté Louviers à 9h ½ dans une voiture de chez Lequeux, assez confortablement casés, ma tante Louise, Pierrot et moi, au milieu de nos bagages et paquets de toutes sortes. Aussitôt débarqués, nous avons opéré le transport de nos caisses, paniers et malles de la voiture à notre nouvelle habitation. Nous nous sommes refaits une santé à l’aide de plusieurs tartines d’excellent pâté, nous avons sommairement rangé la cuisine, la salle à manger et les chambres dont se compose notre nouvelle « maison d’Evreux ». Après quoi, nous avons été faire quelques courses et rendre visite à Mr le proviseur du lycée de garçons, dans le but de lui présenter Pierrot.

Le matin, grand’messe à la cathédrale, où je cherche dans les détails de la cérémonie, dans les officiants, dans les assistants, tout ce qui peut me rappeler mon « cher » Louviers. Cet après-midi, promenade jusqu’à la gare et lecture.

Demain, courses, visite à Mme Pouille, une amie de Maman, et, enfin, après demain, mardi 1er octobre, rentrée des classes pour Pierrot et moi

Publié dans:Pierrot |on 31 décembre, 1918 |Pas de commentaires »

Oct 1918

Pierrot est un bon garçon et à lui je lui prouve mes bonnes intentions en le faisant enrager tant et plus pour le dégourdir, en le baptisant « œuf à la coque » Je ne sais s’il peut découvrir les bonnes intentions là-dedans mais lorsqu’il sera plus grand, j’espère, il appréciera.

Publié dans:Pierrot |on 1 décembre, 1918 |Pas de commentaires »

Mai 1917 : promenade à la cressonnière de Becdal

Hier après-midi, nous sommes allées à la cressonnière de Becdal avec Mlle Emilie, madame Sonneville, Roger et Suzanne. Nous sommes descendus par un sentier en pente au milieu du bois, nous avons fait le tour de la source et, au bout de quelques temps, nous nous sommes assis auprès du ruisseau pour goûter. Il faisait si chaud, et l’eau était si appétissante, que nous en avons bu dans le creux de notre main. En passant près de la cressonnière où il y avait des femmes en train d’arranger leur cresson, Pierrot a attrapé une touffe de cresson avec son bâton.

-Ah ! mais ! cria l’une des femmes en fureur, (je crois bien qu’elle avait bu car les autres se tinrent tranquilles) ça ne se passera pas comme çà, vous allez voir, espèces de propres à rien, de chenapans, de vagabonds. Je m’en vas vous faire un procès verbal ed’trois sous ! M’arracher mon cresson ! ça ne pense à rien !

Et, elle nous en a défilés sur ce ton tant qu’elle nous a vus.

Publié dans:Pierrot, Souvenirs d'enfance |on 26 décembre, 1917 |Pas de commentaires »

Mai 1917 – Communion de Germaine et Pierrot

C’était dimanche la première communion de Pierrot et Germaine, et la communion solennelle de Marguerite. Nous avons été à la messe, à 8 heures ½, et aux vêpres à 3 heures. Les deux filles n’étaient pas trop troublées dans leur costume blanc. La cérémonie a été très longue et, le soir, après les vêpres, il y a eu une procession à la chapelle de l’hospice où une amie de Germaine et Marguerite a récité la consécration à la Sainte Vierge. J’étais dans la tribune de la chapelle pour mieux voir et nous avons très bien vu, en effet, mais rien compris de l’acte que Suzanne Lequeux, l’amie de Germaine, a récité.

Lundi était la Confirmation. Le matin, à 9h, il y a eu une messe d’actions de grâces et le soir, à 3 heures ½, la cérémonie de la confirmation. D’abord les interrogations d’usage. Germaine a été interrogée, puis la procession à l’autel pour l’onction avec le Saint-Chrême.

Vers 5h on est sorti de l’église et l’on a conduit Monseigneur au presbytère où Marguerite lui a récité un compliment. Après un discours de l’évêque, tout a été fini.   Avant et après les vêpres, nous avons été faire quelques visites et j’ai emmené Suzanne Sonneville les faire avec nous car je l’avais conduite aux vêpres pour qu’elle voie les petites filles en blanc. Mais au beau milieu de la solennité, elle a eu besoin de sortir… Catastrophe !

Publié dans:Germaine, Pierrot |on 5 novembre, 1917 |Pas de commentaires »

4 avril 1917 – Le poisson d’avril de l’année

Jeudi dernier, nous avons préparé un poisson d’avril monstre à Pierrot. Nous lui avons écrit une lettre de la part du secrétariat général de la Banque de France pour lui dire que ses bons de la défense nationale lui avaient fait gagner 15.000 Frs. Nous avons collé un vieux timbre sur l’enveloppe et nous y avons appliqué des cachets de cire du bureau de Papa, ainsi que beaucoup d’autres cachets qui lui donnèrent une très bonne apparence. Dimanche 1er Avril, nous lui avons donné la lettre comme si elle était venue par la poste… et il a donné dans le panneau ! Il était persuadé qu’il avait 15.000Frs au lieu de 15Frs !!! et il était tout prêt à les réclamer. Il a été très fâché quand il a su que c’était un poisson d’avril.

Publié dans:Pierrot |on 24 septembre, 1917 |Pas de commentaires »

1913 – Petites anecdotes sur la vie à la maison : les petits frères

Pierrot était un gros joufflu de cinq ans et demi qui avait souvent la larme à l’œil et qui faisait tout ce qu’on lui disait. Maître Henry (que nous appelions Douty, parce qu’il s’était baptisé lui-même « Henry Douty ») marchait sur ses deux ans. Il était déjà un peu rageur comme aujourd’hui et, de plus, terriblement gâté par Germaine en particulier et tout le monde en général.

Louise la bonne, elle, préférait Pierrot à nous tous. C’était des « mon petit Pierrot, mon Jésus, mon chéri » auxquels le jeune Pierre se montrait fort sensible. Pour lui, elle avait toujours, en réserve dans sa cuisine, un plat à lécher ou un morceau de sucre à l’aide desquels elle eût mené son « jésus » au bout du monde. Au reste, Louise était une excellente fille, un peu bavarde peut-être, qui, chaque après midi, tout en causant ou en raccommodant des bas, chantait à tue-tête avec l’aide d’Hélène (l’autre bonne) et qui, du fond de sa cuisine, emplissait la maison entière de ses notes mélodieuses.

Publié dans:Douty, Pierrot |on 20 novembre, 1913 |Pas de commentaires »

Août 1907 – Naissance de Pierrot, frère d’Andrée

Au mois d’août de l’année 1907, se produisit un grand événement : la naissance d’un petit frère. Un petit frère !

Cet être merveilleux, pour beaucoup d’enfants, je ne me souviens pas de l’avoir beaucoup désiré. Pourtant, je fus plus contente encore lorsqu’il fut arrivé. Je me rappelle que Maman était couchée depuis plusieurs jours lorsqu’un matin, « Louise ménage » m’emmena faire des courses avec elle. « Et si le petit frère venait en mon absence ! » pensai-je. Mais non ! Pourquoi arriverait-il pendant que je ne suis pas là ?… Pourquoi ? Je l’ignore. Mais il vint, pourtant, et profita précisément de ce que j’étais hors de la maison pour s’y introduire… On me montra ensuite mon petit frère, Pierre.

Comment était-il ? Quelle fut mon impression en le voyant pour la première fois ? Je n’en ai aucun souvenir. Le nouveau né était le premier représentant mâle de la famille Dupuis, aussi fut-il particulièrement bien accueilli par tout le monde, d’autant plus que mes parents n’avaient jusque là que deux filles, et le frère de papa, mon oncle Henri vivant à Douai, n’avait lui aussi que deux filles[1]. Alors, un premier garçon chez les Dupuis était un événement de la plus haute importance !

Mon oncle Paul, le frère de Maman, fut le parrain de ce bonhomme, et ma tante Louise devint sa marraine. Le baptême fut célébré en grande pompe à Coutances. Même les employés du bureau furent invités au dîner qui suivit la cérémonie. Tout le monde dut venir admirer l’héritier des Dupuis, ce gros poupon criard.

 

 


 

[1] Renée, de deux ans plus jeune qu’Andrée, qu’on appelait Nénette ; et Marguerite (aujourd’hui Lemire) qu’on appelait Toutou.

Publié dans:Pierrot |on 21 août, 1907 |Pas de commentaires »

Anecdote sur Pierrot, frère d’Andrée (1907)

Pierrot poussait. Une sage-femme aidait Maman à le soigner (pourquoi une sage-femme ? pensai-je. C’est peut-être parce qu’elle aura plus soin de Pierrot que si elle n’était pas sage ?) Cette bonne dame nouait les quatre cheveux de son poupon avec une faveur[1] rose ou bleue, ce qui m’étonnait beaucoup et m’enchantait peu ; cette mode n’était pas tout à fait non plus au goût de Maman… Par contre, j’aimais beaucoup être présente lorsqu’on déshabillait ou arrangeait le petit frère. Il avait quelque chose sur son ventre qui m’intriguait énormément ; je supposais que c’était un papillon… On lui enroulait là-dessus des bandes de flanelle… Qu’était cet objet mystérieux ? Je n’en ai jamais rien su, mais mes suppositions faisaient rire tout le monde….

 


 

[1] Littré. Faveur : ruban uni et très étroit

Publié dans:Pierrot |on 17 août, 1907 |Pas de commentaires »

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