Archive pour la catégorie 'Paul Delaoutre'

Oncle Paul Delaoutre et Tante Germaine son épouse

Paul Delaoutre, oncle d’Andrée, le frère de sa mère, Marie Delaoutre.

Il était pharmacien, a repris l’officine de ses parents à la mort de ceux-ci.

A été marié deux fois. D’abord avec Germaine Briez dont les parents étaient pharmacien à Lécluse (Pas de Calais). De ce mariage, ils ont eu deux garçons : Henry et Pierre. (Henry est mort d’une appendicite alors qu’il avait 15 ans ; Pierre est devenu coiffeur). Plus tard, ils ont eu une fille, Jeanne, surnommée Nénette. Tante Germaine est décédée au moment de sa naissance, peu de temps après la mort de son fils Henry.

Andrée semblait avoir une grande admiration pour sa tante Germaine qui avait une personnalité forte (Elle seule voulut rester chez elle au moment de l’invasion de Douai par les Allemands ; elle allait négocier des avantages à la Kommandantur pour les voisins et amis)

A noter que Germaine avait un frère, Raymond Briez, dont Andrée avait le béguin quand elle était petite.
Paul a épousé en deuxième noce Marie Briez, la soeur de Germaine. Andrée aimait beaucoup également sa tante Marie.

 

 

Publié dans:Paul Delaoutre |on 22 janvier, 2009 |Pas de commentaires »

Octobre 1918

Nous avons eu hier une bien heureuse surprise. Monsieur Briez nous a envoyé une lettre de ma tante Germaine qu’un ami de mes parents a reçue dernièrement par l’intermédiaire d’un commerçant hollandais. Notre pauvre tante ne peut nous dire exactement où elle se trouve ; nous savons seulement qu’elle est en sureté, dans une très bonne famille, avec ses enfants, madame Briez et la bonne. Mon oncle Paul est, lui aussi, à l’abri du danger. Ma tante Germaine espérait, à la date où elle a écrit cette lettre, le 20.9.18, revenir bientôt nous rejoindre ; elle ne savait pas si mon oncle Paul pourrait revenir en France aussi, mais elle l’espérait.

Nous voici heureusement rassurés de ce côté, car, vraiment, en apprenant avant-hier par les journaux qu’il n’y avait plus un seul habitant dans Douai, nous nous étions demandé où étaient notre tante, notre oncle et les enfants, et aussi madame Briez. Nous étions effrayés en pensant qu’ils avaient peut-être dû quitter Douai, à pied, car c’est ainsi que les Allemands procèdent à l’évacuation d’une ville.

Publié dans:Paul Delaoutre |on 30 décembre, 1918 |Pas de commentaires »

Mai 1917

Dimanche, aussi, nous avons vu les parents de Mme de Brabant qui ont été rapatriés la semaine dernière et sont arrivés ici samedi soir. Il paraît que tous les villages du Nord qui sont rapprochés du front sont évacués. Entre autres Lécluse qui concentre toute la famille de tante Germaine. Tous les habitants sont repartis dans les contrées plus éloignées, en Belgique, et certains sont ramenés en France. Monsieur et madame Briez sont chez ma tante Germaine, à Douai. Si Douai est évacué, ma tante Germaine, Pierre et Henry reviendront sans doute par ici ; quand à mon oncle Paul, les Boches ne manqueront pas de la garder.

En prévision de cela, nous avons envoyé à Evian[1] une dépêche pour demander de diriger sur Louviers ma tante Germaine et toute la famille, si jamais elle revient. Du reste, un convoi de rapatriés de Douai arrive aujourd’hui à Evian. Nous aurons donc des nouvelles précises de notre pauvre pays.

Mon oncle Henry est parti mardi pour rejoindre ses camions, et madame Gellé mardi aussi pour Boulogne.

 


 

[1] Il semble qu’en effet des convois de réfugiés venant du Nord aient été organisés sur Evian en 1917

Publié dans:Paul Delaoutre |on 25 décembre, 1917 |Pas de commentaires »

Louviers : Fin mars 1917

En ce moment, il revient beaucoup d’évacués du Nord. Hier, nous avons reçu une lettre d’une dame, réfugiée de Douai à Paris, et amie de ma tante Germaine. Elle nous disait qu’elle avait vu quelqu’un qui est rentré dernièrement de Douai. Il paraît que nous avons un nouveau petit cousin très gentil nommé Pierre et que tante Germaine va très bien !

Nous avons été très heureux d’avoir ces bonnes nouvelles et de savoir que nous avons un cousin et que tout le monde est en bonne santé.

Je voudrais retourner bientôt à Douai pour voir ce petit Pierre ainsi que Henry, ma tante Germaine et mon oncle Paul. Enfin ! J’espère qu’il ne faudra plus longtemps pour que le Nord soit débarrassé.

Publié dans:Paul Delaoutre |on 15 octobre, 1917 |Pas de commentaires »

Juillet 1917

Maman a écrit « au roi d’Espagne et à notre Saint-Père le Pape » pour tâcher de faire ramener en France ma tante Germaine et nos cousins. Il paraît que les Boches évacuent la population civile de Douai sur Liège et Namur. Que deviennent tous ces pauvres gens dans ces villes inconnues ? C’est pour cela que nous voudrions bien voir revenir par ici ma tante et mes petits cousins. Pour mon oncle Paul, il n’y a pas malheureusement beaucoup à y compter, car les Allemands ne voudront pas le laisser partir.

Publié dans:Paul Delaoutre |on 15 juillet, 1917 |Pas de commentaires »

24 décembre 1916

Marie Briez[1], ma tante Marie, a écrit mardi à Maman pour dire que monsieur Cornaille (?) était revenu à Paris avec les évacués. Il est allé voir monsieur Coutances pour lui donner des nouvelles de ma tante Germaine, de mon oncle Paul et d’Henry ; il demandait à Maman d’aller à Paris pour qu’il lui donne des détails. Nous avons envoyé une dépêche à Marie Briez en lui disant de prévenir Monsieur Cornaille pour qu’il vienne ici au lieu que Maman aille à Paris. Il nous à répondu vendredi qu’il arriverait ici à 7 heures.

Les nouvelles qu’il nous a données sont très bonnes. Tout va très bien et ma tante Germaine attend un petit bébé pour le 15 janvier ! Elle a des poules et des lapins et c’est toujours elle qui va réclamer à la Kommandantur quand quelque chose va de travers dans la ville ; c’est elle aussi qui fait des arrangements pour empêcher les maisons abandonnées d’être pillées.

Mon oncle Henry est arrivé lundi dernier en permission et est reparti ce matin


 

 

[1] Sœur de tante Germaine

Publié dans:Paul Delaoutre |on 15 décembre, 1916 |Pas de commentaires »

1914 – Promenade champêtre

Un jour, ma tante Germaine m’emmena déjeuner chez un docteur du voisinage, monsieur Cuisinier, qui avait organisé une grande réception. Nous partîmes en auto, tante Germaine, mon oncle Paul, mon cousin Henry[1] (3 ans), monsieur Crépin qui nous conduisait, et moi. Au milieu de la route, une panne nous obligea à suspendre notre voyage. Nous nous morfondions, assis sur le rebord du fossé, quand, fort heureusement, un grand break passa, conduisant d‘autres invités chez le docteur. Nous nous joignîmes à eux, tandis que monsieur Crépin essayait de faire aller son auto jusqu’au plus prochain village où il la ferait arranger.

Le dîner fut bon, je suppose (cela surtout m’intéressait alors !) et il y eut beaucoup de gâteaux. Il fut suivi d’un tir aux pigeons que l’on avait organisé dans une clairière, au milieu d’un petit bois appartenant au docteur. Les « grands » s’y rendirent en auto et je me souviens même que les gens raisonnables étaient effrayés parce que, le long de la route, les jeunes hommes s’amusaient à apprendre l’art de conduire aux dames et aux jeunes filles présentes que ce jeu amusait beaucoup. Quant à nous, les enfants, nous étions quatre ou cinq : une demoiselle Cuisinier d’une douzaine d’années, mon cousin Henry, un nommé Paul (9 ans) avec sa sœur (8) et un très petit bébé. Notre modeste véhicule fut une charrette à âne que nous nous amusâmes à conduire chacun à notre tour. Quand vint le mien, je ne trouvai rien de mieux que de mener l’âne et la charrette dans le fossé qui bordait la route… Il n’y eut heureusement pas de blessés, et mademoiselle Cuisinier ayant annoncé qu’elle conduirait seule, le reste du trajet s’accomplit sans autre incident. Le tir aux pigeons m’amusa énormément. J’aurais voulu tirer aussi sur ces pauvres animaux et je l’aurais fait, sans mon oncle Paul qui accourut alors qu’un jeune imprudent plaçait un fusil dans mes mains… Je me consolai de son intervention en ramassant toutes les cartouches vides laissées sur le terrain pour les donner à mon jeune cousin Henry. Le reste de la journée s’écoula gaîment et je rentrai à Douai avec l’espoir de tirer un jour, moi aussi, sur des pigeons, lorsque mon oncle Paul n’aurait plus d’autorité sur moi.

 

 


 

[1] Fils de l’oncle Paul et Tante Germaine

Publié dans:Paul Delaoutre |on 21 décembre, 1914 |Pas de commentaires »

Louviers, 1914 : Mauvaises nouvelles venues de Douai

Un peu après l’arrivée de ma tante Marie, nous avons reçu une lettre de ma tante Germaine. Cette lettre était très triste. Nous étions tous réunis dans la salle à manger quand Maman nous l’a lue. Les Allemands étaient entrés pour la première fois dans Douai au milieu de Septembre 1914. La ville n’était pas défendue. Ils l’occupèrent trois jours, après quoi ils allèrent plus loin. La lettre de tante Germaine nous disait toute son angoisse, son anxiété à la vue des Boches. Elle parlait de leurs réquisitions et de l’orgueil de ces envahisseurs. Ils avaient pris l’auto de mon oncle Paul, et la pensée que l’ennemi de la France se servirait de leur voiture était ce qui l’attristait surtout dans cette perte. Je ne me souviens guère de cette lettre, mais je me rappelle que Maman pleurait en nous la lisant.

Publié dans:La guerre 1914 1918, Paul Delaoutre |on 22 octobre, 1914 |Pas de commentaires »

1914 – Visite à la famille Briez

De temps en temps, tante Germaine nous emmenait à Lécluse, le pays de sa famille (famille Briez), où je retrouvais toujours avec un plaisir égal Marie, l’objet de ma vive admiration, Marcel qui faisait son service militaire et était plus taquin que jamais sous ses élégants costumes de soldat (mon « voleur de chocolat » comme je l’appelais) et le joli Raymond, mon « fiancé ». Monsieur Briez évoquait pour moi mon grand-père Dupuis que je n’avais jamais connu (je me demande pourquoi, par exemple !) et j’aimais beaucoup madame Briez, toujours si douce et si bienveillante.

A Lécluse, nous allions en bande nous promener dans un joli petit bois voisin du village, ou bien dans une propriété appartenant à monsieur Briez où, dans des étangs, il élevait des sangsues. Les distractions n’étaient ni très nombreuses ni très variées. J’aimais pourtant beaucoup aller à Lécluse et je ne m’y ennuyais jamais.

Publié dans:Paul Delaoutre |on 22 octobre, 1914 |Pas de commentaires »

Mariage à Douai de l’oncle Paul Delaoutre (1907)

D’après les dates, je suppose que c’est peu après le baptême de Pierrot que je retournai à Douai pour assister au mariage de mon oncle Paul. Celui-ci épousait Germaine Briez, fille ainée du pharmacien de Lécluse, petit village à 19 kms de Douai. D’après ce que j’ai su depuis, mon oncle avait vu une première fois celle qui était devenue sa fiancée lorsque celle-ci avait une quinzaine d’années. Peu de temps avant la mort de mes grands parents, la jeune fille avait eu l’occasion de venir à la pharmacie ; elle avait été vue par ma grand-mère Zéna et elle lui avait beaucoup plu. Lorsque mon oncle Paul se trouva seul, après la perte de ses parents, il songea à réorganiser sa pharmacie plutôt qu’à se marier. Il lui fallut à peu près 6 ans pour se décider. C’est alors qu’il retrouva ma future tante Germaine et que le jugement porté sur elle par ma grand-mère l’influença beaucoup. Il la demanda en mariage.

Toutes choses conclues, et tous les arrangements étant pris, il fut convenu que j’assisterai à la noce en qualité de demoiselle d’honneur. Ma nouvelle tante avait 23 ans. Elle avait trois frères et une sœur[1]. L’un des frères, Raymond, 14 ans, fut mon cavalier, et je n’eus pas besoin de le voir deux fois pour savoir qu’il me plaisait, et il ne me fallut pas longtemps pour décider que je me marierai avec lui. Hélas ! J’avais déjà pris une décision semblable, jadis, et il n’y avait pas longtemps, à l’égard du fils du boulanger voisin de ma tante Louise, Pierre Dupire, un petit garçon d’une dizaine d’années. Mais ça ne faisait rien. A l’église, je donnais le bras à Raymond, donc j’étais déjà un peu mariée avec lui, et quand je serai grande, cela deviendrait très sérieux…

Ah ! Raymond !… Je suis grande maintenant et il est marié…  Tant pis ! C’est sur le fils du boulanger que je compte à présent…[2]

Quoiqu’il en soit, à ce moment-là, fort tranquille sur ce que me réserverait l’avenir, inconsciente de ce qui est à présent arrivé, je prenais ma part des plaisirs de la noce.

J’eus un moment de triomphe, à l’église, lorsque je quêtai à tous les assistants, Raymond me donnant une main et tenant mon bouquet de l’autre !… Ne croyez pas que j’étais satisfaite parce que je me pavanais près d’un beau cavalier, sous les regards d’une nombreuse assistance… parce que j’avais mis mes plus beaux atours, mon chapeau neuf – un chapeau cloche ! – et que j’avais sorti tous mes bijoux… Pas du tout ! J’étais contente parce qu’il y avait beaucoup de sous dans ma quête et que j’étais absolument persuadée que ces sous étaient pour moi. Ma tante Louise avait mis un louis d’or dans ma bourse, et Bonne-Maman y avait laissé tomber une grosse pièce. Vous jugez de mon bonheur !…

Je changeai de ton quand, à la sacristie, on me pria de déposer ma quête. C’était à moi, c’était pour moi, je ne voulais pas me séparer de ma quête. Raymond eut beau me prier, Marie (sa sœur) me supplier, le curé m’inviter à obéir, je refusais énergiquement de lâcher mon trésor. Il fallut qu’on allât chercher mon oncle Henri et que celui-ci me lançât son plus sévère regard, pour que je me décide à l’abandonner. Et ce ne fut pas sans verser quelques larmes ! Je renversai avec fureur le contenu de la bourse sur la table de la sacristie et cette fois-ci, il n’eut rien à faire pour me reprendre la bourse elle-même : je la conservai.

J’oubliai un peu mes déboires au dîner qui fut très gai. Vers le milieu, je sortis avec les enfants de la noce pour prendre l’air en attendant le dessert. J’eus de nouveau une crise de larmes, lorsque Bonne-Maman vint me chercher le soir sans me laisser le temps d’assister au bal. On me consola en m’assurant que l’on ne danserait pas…enfin, je me retirai.

 


 

[1] Robert Briez, 22 ans à l’époque, Marcel Briez, Raymond, et Marie Briez âgée d’une douzaine d’années

[2]Andrée se souviendra très longtemps, avec nostalgie de cette amourette. Ah !  Raymond !

 

Publié dans:Paul Delaoutre |on 21 juillet, 1907 |Pas de commentaires »

1907 – Andrée est une petite fille suceptible

Aussitôt après le mariage, mon oncle Paul et ma nouvelle tante, Germaine, me ramenèrent à Coutances où ils allèrent passer quelques temps en voyage de noce.

Je dois noter ici un souvenir qui m’est resté sur mon oncle Paul. Je ne sais trop à quel moment il se place. Je suppose que ce fut peu de temps avant son mariage. Je me revois un soir, à Douai, debout sur la table de la petite salle à manger qui se trouvait derrière la pharmacie. La lampe est allumée au-dessus de ma tête ; mon oncle s’amuse avec moi ; tout à coup, il me dit de ne pas bouger et il se met à me barbouiller avec le noir de fumée provenant de la lampe qui flamme. Mon cousin Marcel[1] est là aussi qui se moque de moi. Je suis très vexée. Je ne me mets pas en colère, pourtant… Je pense que, dans ce temps-là, j’avais des dispositions à l’humeur chatouilleuse et au mauvais caractère, car les taquineries me froissaient beaucoup. Aujourd’hui, de tels procédés me feraient rire. D’ailleurs, j’y suis habituée. C’est peut-être aussi parce qu’autrefois, ces choses si minimes avaient plus d’importance en rapport avec mes 5 ans et ma petite taille qu’elles n’en auraient à présent.

 

 


 

[1] Ce Marcel était le fils d’un monsieur, veuf, qui avait épousé en seconde noce, peu de temps auparavant, une nièce de la grand-mère Delaoutre : la tante Elodie que nous arrivons difficilement à situer. Ce monsieur était pour Dédée « mon oncle Casimir ».

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