Archive pour la catégorie 'Henry et Léa'

Octobre 1914, Louviers : Encore une vague de réfugiés

(10 octobre) un matin, nous recevons une dépêche de Bonne-Maman. Elle était à Abbeville avec mes tantes, mes cousins et Jeanne (la bonne). Elle annonçait son arrivée pour le soir même.

Aussitôt, Maman se fait apporter un lit que madame Simonet, la femme du directeur du gaz, lui a gentiment proposé. Il fut placé au second, dans la chambre de Louise (la bonne) qui devenait celle de Bonne-Maman, Germaine et moi. Louise dont Bonne-Maman occupait le lit et l’appartement irait coucher dans la chambre d’Hélène, avec Jeanne (Hélène étant retournée chez elle l’année précédente. Une petite bonne de Louviers que Maman venait de renvoyer, Berthe, lui avait succédé pendant quelques mois). Tante Léa, Marguerite et Loulou allaient habiter notre chambre, à Germaine et à moi ; quant à tante Louise, elle logerait avec Pierrot dans la chambre d’amis.

Le soir même, toute la famille arrivait. Quelle arrivée !

Nous attendions dans la salle à manger. La porte s’ouvre, Bonne-Maman entre puis ma tante Léa, ma tante Louise, Marguerite et Jeanne avec Loulou, suivis de mon oncle Jules. Ils avaient quitté Douai le 2 octobre entre la 1ère invasion des Boches et la 2ème, en pleine bataille et bombardements, dans la voiture de mon oncle Jules. A Hénin-Liétard, ils avaient pris le train jusqu’à Dunkerque où ils étaient resté huit jours. Le bombardement les en avait chassés et c’est alors qu’après une nuit passée à Abbeville, ils étaient venus nous retrouver.

Interrogés sur les intentions de tante Germaine, ils nous dirent qu’elle avait, elle aussi, hésité pour savoir si elle partirait, mais elle s’était enfin résolue à rester chez elle, coûte que coûte.

Les tristes événements nous impressionnèrent beaucoup. Nous installâmes tous les réfugiés dans les appartements qui leur étaient réservés et nous décidâmes d’attendre en chœur les événements.

Pendant cinq ans, nous avons compté successivement sur chacune des quatre saisons de l’année pour mettre fin à l’occupation de Douai. Nous disions d’abord : « nous retournerons à Douai à la Toussaint » puis « ce sera pour après l’hiver » puis « ce sera pour l’été », « ce sera pour le printemps » et ce n’était jamais.

Octobre 1911 – Naissance de Loulou, le fils de tante Léa et oncle Henry Dupuis

Je ne sais plus dans quel ordre j’inscris ces notes : je parle des événements au fur et à mesure qu’ils me viennent à l’esprit plutôt que par ordre chronologique. D’autres circonstances avaient précédé le retour de Maman et le baptême d’Henry : c’étaient la naissance et le propre baptême du frère de ma cousine Marguerite, Louis François Léon Dupuis, que tout au long de sa vie nous appellerons « Loulou ».

Vers la fin de septembre 1911, on avait prévenu Marguerite de la prochaine arrivée d’un petit frère. Elle en avait été charmée et l’attendait impatiemment tandis que Germaine et moi nous réjouissions de la venue de ce nouveau cousin.

Le personnage vint au monde le 7 dans la matinée. A cinq heures de l’après midi, conduites par tante Louise. Nous fûmes, Germaine, Marguerite et moi, admises à l’honneur de le contempler. Je vois encore la scène : elle se passait dans la chambre de l’appartement de Bonne-Maman où, cinq ans et demi plus tôt, ma sœur Germaine était née. Tante Léa était couchée dans le grand lit, celui où j’avais vu Maman, déjà, dans des circonstances analogues, au moment de la naissance de Germaine. Louis reposait dans un berceau, au milieu des voiles blancs. On l’en sortit pour nous le montrer. Je crois que nous fûmes un peu déçues en le voyant. Il était si petit, avec une figure toute rouge et toute ridée ! Nous fûmes d’accord pour déclarer qu’il était laid et qu’il avait l’air vieux. Heureusement, il ne tarda pas à embellir.

Un peu plus tard, eut lieu son baptême. Je ne me souviens plus quels furent ses parrain et marraine. En tous cas, la sœur de tante Léa, Rachel Stoven que, bien qu’elle fût seulement cousine de Papa, nous appelions tante Rachel, avec son frère, mon oncle Firmin, quitta Dunkerque où elle habitait pour venir assister à la cérémonie.

Une autre sœur de tante Léa, ma tante Hélène vint également de Houdain.

Somme toute, le baptême de Loulou fut gai. On se rendit à l’église en voiture. J’aidai Marguerite à tenir un gros cierge au-dessus du jeune catéchumène et, ainsi que Germaine, je l’aidai de mon mieux lorsqu’il fallut jeter des dragées et des sous aux gamins douaisiens, une fois hors de l’église. Leurs cris de « y vivra ! » (Il vivra) nous surpris et nous amusa en même temps. Je dois dire que Loulou, alors, était beaucoup plus joli qu’au jour de sa naissance. Tous les invités l’admirèrent et trouvèrent – je me souviens que ce détail me frappa beaucoup – qu’il ressemblait singulièrement à sa sœur aînée, la petite Renée (Nénette).

Publié dans:Henry et Léa |on 21 octobre, 1911 |Pas de commentaires »

1908 – Les deux petites filles de mon oncle Henri (le frère de Papa) et de ma tante Léa venaient souvent me tenir compagnie chez ma tante Louise lorsque j’étais à Douai cette année-là : Nénette âgée de trois ans et demi et Toutou[1] qui en avait 2 et demi. Elles avaient une jeune bonne (Jeanne) qui leur était très dévouée et qui les promenait toutes les après-midi. Alors j’allais souvent avec elles et je les aimais beaucoup.

Renée (Nénette) était une bonne grosse petite fille, douce, tranquille, elle avait des cheveux blonds et des yeux bleus. Toujours sage et calme, sa distraction préférée était le jeu de la poupée. Je me souviens qu’elle en avait plusieurs, grosses poupées en étoffe peinte. Marguerite (Toutou) était au contraire une petite brunette mince et délicate. Elle était très vive et très animée. Pour moi, je préférais Nénette.

 

 


[1] Renée et Marguerite, cousines de Dédée et filles d’Henry et Léa Dupuis . 

Publié dans:Henry et Léa |on 20 décembre, 1908 |Pas de commentaires »

1908 – Décès de Nénette, fille de tante Léa et Oncle Henry Dupuis

1908 – Vers la fin du séjour que je fis cette année là à Douai, Nénette tomba malade. J’ai su depuis que le mal terrible qui l’avait frappée était une méningite. Lorsque je vins lui dire au revoir avant de retourner à Coutances – papa était venu à Douai pour me chercher – ma pauvre petite cousine était couchée sur les genoux de sa Maman, ma tante Léa, dans une pièce de l’appartement de Bonne-Maman, dans la chambre voisine de celle où Germaine (ma sœur) était née. Nénette ne bougeait plus ; elle paraissait accablée par la fièvre. Elle ne se remua même pas pour me dire adieu… Lorsque nous fûmes arrivés à Paris, papa et moi, papa reçut une dépêche dont il ne me communiqua pas le contenu. Mais il fit de suite sa valise, me disant qu’il allait retourner à Douai. Il s’occupa de savoir si un de ses amis qui devait partir pour Coutances pourrait m’emmener avec lui et il se prépara à s’en aller par le premier train. Je lui demandai pourquoi il ne venait pas à Coutances avec moi mais il refusa de me le dire. Dans la matinée, je l’accompagnai chez une fleuriste où il acheta un bouquet de fleurs blanches. Je lui demandai si quelqu’un était mort… Il ne me répondit pas, mais, saisie d’un subit pressentiment, je « sus » dès cet instant que je n’avais plus de cousine Renée.

Lorsque j’arrivai à Coutances, j’avais oublié la pauvre Nénette. Ce fut seulement lorsque je revins à Douai après le voyage dont je viens de parler que j’entendis encore parler d’elle. Marguerite me raconta à sa manière la mort de sa grande sœur :

-     Nénette est partie là-haut dans le ciel, me dit-elle. Je lui ai écrit une lettre chez les anges, mais elle ne m’a pas répondu.

Je lui posai quelques questions auxquelles elle ne donna pas de solution satisfaisante. Elle était trop petite.

Je revois encore la scène de cet incident. C’était le long du canal, sur la route de Lambres, à la hauteur du boulevard, peut-être un peu plus bas.


 

Publié dans:Henry et Léa |on 21 novembre, 1908 |Pas de commentaires »

alteregocentrique |
Fantasmes d'homme.......Rêv... |
Langue de pute...? |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Unissons nous pour sauver l...
| mimille0
| So far away from here