Archive pour la catégorie 'Germaine'

Oct 1918

J’aime mes frères et sœurs. Peut-être est-ce à Germaine que je l’ai plus laissé voir parce qu’il y a des jours où j’éprouve le besoin de faire des confidences et où je parle à toute seule, pour ainsi dire (après tout, je suis renfermée, et je suis quelques fois expansive, cela dépend) Eh ! bien, dans ces moments-là, couchant avec Germaine, c’était elle qui était admise à l’honneur de connaître mes secrets et mes intentions. Mais elle est trop petite, elle ne comprend pas.je lui ai dit des choses si tristes que, sur le moment, elle s’est mise à pleurer et, trois jours après, elle n’y pensait plus. Elle ne peut pas encore être une amie pour moi, mais, en attendant, je lui prouve quelques fois mon affection, quand je ne me dispute pas avec elle.

Publié dans:Germaine |on 1 décembre, 1918 |Pas de commentaires »

Avril 1917

Il est définitivement décidé que Germaine et Marguerite feront cette année leur Communion Solennelle. Je crois qu’elles s’imaginent absolument qu’elles seront premières au catéchisme et qu’elles se font beaucoup d’illusions à ce sujet car elles parlent des Voeux absolument comme si elles devaient les réciter. Je crois cependant qu’elles n’ont pas besoin de s’en faire parce que, jusqu’ici, rien n’indique qu’elles seront premières, comme moi.

Publié dans:Germaine |on 16 décembre, 1917 |Pas de commentaires »

Mai 1917 – Communion de Germaine et Pierrot

C’était dimanche la première communion de Pierrot et Germaine, et la communion solennelle de Marguerite. Nous avons été à la messe, à 8 heures ½, et aux vêpres à 3 heures. Les deux filles n’étaient pas trop troublées dans leur costume blanc. La cérémonie a été très longue et, le soir, après les vêpres, il y a eu une procession à la chapelle de l’hospice où une amie de Germaine et Marguerite a récité la consécration à la Sainte Vierge. J’étais dans la tribune de la chapelle pour mieux voir et nous avons très bien vu, en effet, mais rien compris de l’acte que Suzanne Lequeux, l’amie de Germaine, a récité.

Lundi était la Confirmation. Le matin, à 9h, il y a eu une messe d’actions de grâces et le soir, à 3 heures ½, la cérémonie de la confirmation. D’abord les interrogations d’usage. Germaine a été interrogée, puis la procession à l’autel pour l’onction avec le Saint-Chrême.

Vers 5h on est sorti de l’église et l’on a conduit Monseigneur au presbytère où Marguerite lui a récité un compliment. Après un discours de l’évêque, tout a été fini.   Avant et après les vêpres, nous avons été faire quelques visites et j’ai emmené Suzanne Sonneville les faire avec nous car je l’avais conduite aux vêpres pour qu’elle voie les petites filles en blanc. Mais au beau milieu de la solennité, elle a eu besoin de sortir… Catastrophe !

Publié dans:Germaine, Pierrot |on 5 novembre, 1917 |Pas de commentaires »

1913 – Petite anegdote sur la petite soeur Germaine

Germaine était assez grande pour me faire espérer d’avoir en elle une confidente dans l’avenir et, de fait, je l’honorais parfois assez pour lui dévoiler mes plus secrètes pensées, à quoi elle répondait en disant des sottises ou en versant des pleurs…

Publié dans:Germaine |on 22 novembre, 1913 |Pas de commentaires »

1908 – Pauvre petite soeur Germaine !

1908… Un jour d’automne, je jouais sur la terrasse avec Germaine, le vent sifflait dans les grands tilleuls, leurs feuilles jaunies se détachaient une à une et venaient tourbillonner à nos pieds. J’étais contente. J’aimais le vent, j’aimais la musique étrange et violente qu’il produisait en secouant la cime des arbres. Blottie dans la cabane, j’écoutais et je rêvais… Par contre, ce spectacle et ces bruits n’étaient pas du goût de Germaine ; je lui dis :

-     Veux-tu, on va s’amuser : nous serions des petites filles volées par les bohémiens, nous aurions froid, nous pleurerions ? Hi ! Hi ! HI ! Papa ! Maman !

Saisie par le réalisme profond de cette scène, Germaine se mit à pleurer pour de bon.

-      Non ! Je ne veux pas être une petite fille volée ! Maman ! Je veux Maman !

Cette douleur si vraie m’étonna d’abord, m’effraya ensuite. J’essayai de consoler la pauvre gosse, de lui dire que ce n’était pas vrai, que c’était pour rire, rien n’y fit. Je dus reconduire Germaine à Maman et me convaincre qu’elle était trop petite pour goûter le genre de divertissement qui m’enchantait.

Publié dans:Germaine |on 21 mai, 1908 |Pas de commentaires »

1906 – Une anecdote sur Germaine, soeur d’Andrée

Je ne me souviens plus de la petite enfance de ma sœur. J’ai l’image imprécise de ce qu’elle était lorsqu’elle était assise des journées entières sur sa peau de mouton ; je me souviens que je lui présentais tous mes joujoux et que je lui montrais plus volontiers une certaine chèvre poilue. « Elle est vivante, tu sais ! » lui disais-je. La pauvre le croyait. Alors elle criait. Et moi, je riais… Germaine a encore peur des chèvres, à l’heure qu’il est.

Publié dans:Germaine |on 21 janvier, 1906 |Pas de commentaires »

Naissance de Germaine – Décès des grands-parents Delaoutre

J’ai peu de souvenirs de ma toute petite enfance. Quelques flashs, des images, de grands événements. L’année 1906, par exemple, fut fertile en événements marquants :

  • J’eus cette maladie qui fut assez effrayante pour traumatiser la petite fille que j’étais. Cette maladie me vint d’avoir mangé en cachette des chocolats au calomel qui  ajoutés au sel de mon déjeuner, m’empoisonnèrent et manquèrent de me faire mourir ;

  • Au mois de mars, j’eus une petite sœur longtemps désirée et regardée par moi, dès l’abord, avec les yeux les plus maternels ;

  • Enfin, je ne sais plus à quelle époque de l’année, je perdis, à quelques semaines d’intervalle l’un de l’autre, mes grands-parents Delaoutre.

Ces trois événements me laissent des souvenirs assez vagues, mais ils m’en laissent pourtant.

Si je me reporte au premier souvenir, ce n’est qu’une suite d’images qui se sont estompées avec le temps : je vois une pile de rondelles de chocolats, enveloppés dans du papier d’étain et posés sur le bord d’une table. J’ai conscience de les absorber les uns après les autres… Puis je suis dans mon lit ; on s’agite autour de moi, Bonne-Maman Dupuis se penche à mon chevet ; on me met sur le corps des affaires qui font très mal ; on me fait des vésications… enfin, je suis guérie et, dans la cuisine étroite de notre appartement parisien, d’où l’on a vue sur le quai Henri IV et sur la seine, je surveille la préparation du jus de viande que l’on me fait absorber chaque jour pour me fortifier.

Si je songe maintenant à la naissance de ma petite sœur, Germaine, la scène se passe à Douai. Je me vois me promenant avec ma grand-mère Dupuis sur le bord de la Scarpe. De lourds bateaux marchands se croisent sur la rivière. Je demande naïvement si ce ne sont pas ces bateaux qui amènent les petites sœurs ? Bonne-Maman rit et me dit d’aller justement le demander aux messieurs qui conduisent les bateaux. Sans plus attendre, j’interpelle un batelier et lui demande s’il n’a pas une petite sœur à vendre. Celui-ci me répond qu’il n’a pas de petites sœurs, qu’il n’en a que des grandes. Mon Dieu ! C’est une petite, il est vrai, que je viens chercher. Mais pourquoi n’en pas prendre une grande, après tout ? Cela serait peut-être plus amusant… Le brave homme me montre ses filles en me disant qu’une grande sœur me battrait… Ah ? C’est malheureux ! Comment faire, alors, s’il n’y en a pas de petites ?…

J’ai cette image de Maman qui est malade et étendue dans le lit de la chambre de Bonne-Maman Dupuis. Le docteur Monnier vient la voir et, lorsqu’il passe près de moi qui joue dans l’appartement, il m’offre un bonbon. Il est charmant, ce monsieur, mais il a un drôle de nom, un nom qui se rapproche dans mon esprit de la chanson :

Meunier, tu dors ; Ton moulin, ton moulin va trop vite ; Meunier, tu dors ; Ton moulin, ton moulin va trop fort

Par une idée d’enfant bizarre, le docteur Monnier s’associe pour moi à ce charmant refrain… Est-ce que ce serait lui qui dormirait ? Mais qu’est ce que c’est qu’un moulin ?… Un moulin qui va trop vite ?… C’est bien drôle, mieux vaut ne pas ne pas chercher à comprendre.

J’ai une idée vague de l’émotion délicieuse qui me saisit lorsqu’on vint me dire : « Tu as une petite sœur » Mais je n’ai plus aucun souvenir de l’impression qu’elle m’a faite lorsque je l’ai vue pour la première fois…

Troisième souvenir marquant. J’étais à Paris lorsque mes grands-parents(Delaoutre, les grands parents maternels d’Andrée)  moururent. Cet événement ne me toucha guère. Je voyais Maman, habillée entièrement de noir, sans songer à m’en étonner tout haut et, lorsque je revins à Douai, je ne demandai même pas où étaient ma Bonne-Maman Zéna et mon Bon Papa. Je vis mon oncle Paul, seul dans la pharmacie, sans témoigner aucune surprise : navrante insouciance des enfants !… Pourtant, je me souviens de mes grands-parents : je revois Bon Papa avec sa longue barbe blanche, couché dans son lit – je n’ai souvenir de lui que lorsqu’il était malade – j’ai encore cette image, comme une ombre grise, de Bonne-Maman dans la pharmacie, à la caisse recevant les clients.

Ces images, devenues bien imprécises, sont celles ce qui me reste de mes grands-parents, en même temps que quelques autres visions envolées de ma petite enfance. Cette enfance me fait aujourd’hui l’effet d’un long tunnel sombre : de place en place, quelques échappées de lumière marquent les incidents que je me rappelle ; au fur et à mesure que l’on avance, peu à peu, le tunnel s’éclaircit ; il vient enfin un moment où j’ai parfaitement conscience de moi-même et mes souvenirs se précisent.

 

Publié dans:Germaine |on 21 janvier, 1906 |Pas de commentaires »

Naissance de Germaine, petite soeur d’Andrée

Si je songe maintenant à la naissance de ma petite sœur, Germaine, la scène se passe à Douai. Je me vois me promenant avec ma grand-mère Dupuis sur le bord de la Scarpe. De lourds bateaux marchands se croisent sur la rivière. Je demande naïvement si ce ne sont pas ces bateaux qui amènent les petites sœurs ? Bonne-Maman rit et me dit d’aller justement le demander aux messieurs qui conduisent les bateaux. Sans plus attendre, j’interpelle un batelier et lui demande s’il n’a pas une petite sœur à vendre. Celui-ci me répond qu’il n’a pas de petites sœurs, qu’il n’en a que des grandes. Mon Dieu ! C’est une petite, il est vrai, que je viens chercher. Mais pourquoi n’en pas prendre une grande, après tout ? Cela serait peut-être plus amusant… Le brave homme me montre ses filles en me disant qu’une grande sœur me battrait… Ah ? C’est malheureux ! Comment faire, alors, s’il n’y en a pas de petites ?…

Publié dans:Germaine |on 1 janvier, 1906 |Pas de commentaires »

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