Archive pour la catégorie 'Douty'

Oct 1918

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Douty est peut-être celui que j’aime le mieux (NDLR de mes frères et soeurs). Je crois que s’il était une fille et qu’il avait seulement l’âge de Germaine, nous nous entendrions très bien. Quand il était petit, j’aurais bien voulu le soigner moi-même, mais j’étais petite aussi et je me souviens que je n’ai réussi qu’à le faire culbuter dans l’escalier en le dorlotant. Cet accident m’a empêché d’être sa petite mère. Quand il avait 4 ans, je crois, j’ai voulu commencer son instruction, mais le compliqué de mon éducation l’a ennuyé et c’est Maman elle-même qui, trouvant Douty bien jeune, m’a empêchée de continuer à être son institutrice. Et maintenant, Douty est un jeune homme qui aime à faire son malin et à dépasser les autres. Il sera très intelligent plus tard, très certainement ; il sera le plus intelligent de nous quatre, s’il continue. Enfin, je suis en admiration devant lui.

Publié dans:Douty |on 1 décembre, 1918 |Pas de commentaires »

1917- Louviers : dialogue entre Andrée et son petit frère Douty

 

-      Oh ! Andrée, quel beau bâton ! Où l’as-tu eu ?

-      Ah ! voilà !…

-      Si ! dis où ! allez ! dis-le-moi !

-      Eh bien ! je l’ai eu sur le chemin du jardin.

-      Il y en a encore ?

-      Je ne sais pas. Des moins beaux, peut-être

-      Tu m’en donneras ?

-      Si tu es sage. Ils sont très difficiles à avoir. Regarde comme le mien est beau et gros. J’enlève toutes les feuilles et les branches. Il est bien flexible et bien solide. Regarde…et maintenant….

-      Eh ben ?

-      Ecoute ! Si tu devines la fin de ce que j’allais dire, tu auras mon bâton. Je te dis cinq mots : et maintenant je vais te… je vais te…  Devine !

-      Et maintenant je vais te… je vais te… et maintenant je vais te fouetter ?

-      Non ! ce n’est pas cela. Cherche autre chose ! Et maintenant je vais te…

-      Et maintenant je vais te… je vais te… je ne sais pas.

-      Tu donnes ta langue au chat ? Tu n’auras pas mon bâton. Eh bien ! j’allais dire : et maintenant je vais te donner mon bâton. Tu n’as pas trouvé, tu ne l’auras pas.

-     Oh ! Si ! Dis une autre phrase !

-      Tu veux ? je te dis quatre mots : et maintenant je vais…

-      Et maintenant je vais… et maintenant je vais… te donner… mon bâton

-      Non ! ce n’est pas cela. D’abord, je n’ai pas dit qu’il y avait : te…

-      Et maintenant je vais…  je vais m’en aller… je vais… je vais jeter mon bâton sur le toit du hangar, ajouta-t-il précipitamment, comme je faisais le geste.

-      C’est tout à fait cela. Tu as deviné, dis-je en regardant mon bâton que je venais en effet de percher sur le toit du hangar.

-      Eh ! Bien ! donne-le-moi ! Tu as dit que tu me le donnerais

-      Eh bien ! je te le donne. Il est à toi.

-       Tu me le donnes ?

-      Mais oui, tu peux le prendre.

-      Mais ! je ne peux pas. Allez ! attrape-le-moi ! Tu dois me le donner.

-      Je te dis que je te le donne. C’est vrai. Il est à toi, il n’est plus à moi.

-      Mais je ne peux pas l’attraper.

-      Ça ne fait rien, il est à toi. Tu peux en faire ce que tu veux. Il est sur le toit du hangar, mais il t’appartient.

Douty était fort mécontent de cette explication et a protesté. Je n’ai pas voulu lui rendre le bâton tout de suite, si bien qu’il ne l’a eu, malgré ses supplications, que le lendemain matin.

Publié dans:Douty |on 28 septembre, 1917 |Pas de commentaires »

1917

En fait de lecture, c’est moi qui suis chargée de faire travailler Douty, qui le fait lire sa page et qui surveille sa page d’écriture et sa copie. L’écriture, cela va encore, parce qu’on n’a qu’à le stimuler et le faire se dépêcher ; mais la lecture ! Quelle horreur ! Je crois que la maîtresse est encore plus contente que l’élève, quand c’est fini.

Ce qui est drôle, c’est que les petits n’aiment pas lire et se contentent d’une page par jour, alors que, quelques années après, ils regardent cela comme une récréation. Maintenant, je passerai bien tout mon temps à la lecture, et j’ai sans doute été comme Douty…

Publié dans:Douty |on 20 août, 1917 |Pas de commentaires »

1913 – Petites anecdotes sur la vie à la maison : les petits frères

Pierrot était un gros joufflu de cinq ans et demi qui avait souvent la larme à l’œil et qui faisait tout ce qu’on lui disait. Maître Henry (que nous appelions Douty, parce qu’il s’était baptisé lui-même « Henry Douty ») marchait sur ses deux ans. Il était déjà un peu rageur comme aujourd’hui et, de plus, terriblement gâté par Germaine en particulier et tout le monde en général.

Louise la bonne, elle, préférait Pierrot à nous tous. C’était des « mon petit Pierrot, mon Jésus, mon chéri » auxquels le jeune Pierre se montrait fort sensible. Pour lui, elle avait toujours, en réserve dans sa cuisine, un plat à lécher ou un morceau de sucre à l’aide desquels elle eût mené son « jésus » au bout du monde. Au reste, Louise était une excellente fille, un peu bavarde peut-être, qui, chaque après midi, tout en causant ou en raccommodant des bas, chantait à tue-tête avec l’aide d’Hélène (l’autre bonne) et qui, du fond de sa cuisine, emplissait la maison entière de ses notes mélodieuses.

Publié dans:Douty, Pierrot |on 20 novembre, 1913 |Pas de commentaires »

7 mard 1911, naissance de Henry, dit Douty, le deuxième petit frère d’Andrée

J’aurais dû commencer le récit des événements de cette année-là en disant que, dès notre arrivée chez tante Louise, nous désirions beaucoup avoir un petit frère. Je me souviens d’avoir écrit à Maman une lettre où je lui exprimais ce vœu et où je lui conseillais, même, d’appeler ce second fils « Henri ».

Ces deux souhaits ne tardèrent pas à être réalisés ! Le 7 mars 1911, Henry Victor Philibert Dupuis prenait ici bas la place qu’il occupe encore, grâce au ciel !

D’après les lettres que j’ai envoyées à Maman au cours de ma séparation avec elle, lettres qu’elle a conservées, il me semble que le petit frère tenait une grande place dans mon esprit, et que, de loin, je m’intéressais beaucoup à lui et à ses progrès.

Publié dans:Douty |on 21 novembre, 1911 |Pas de commentaires »

Arrivée à Louviers – Baptême du petit frère Henri Dupuis (1911)

Vers la fin de l’année, papa fut nommé receveur des finances à Louviers. Maman, avec les garçons, vint donc nous chercher à Douai, Germaine et moi, pour nous mener dans notre nouvelle résidence. On avait négligé de nous avertir de leur arrivée, aussi eûmes-nous la surprise de les voir, sans avoir été préalablement prévenus. Je me souviens qu’à la suite d’une réprimande de tante Louise, j’avais passé la matinée dans l’escalier, occupée à gémir et à appeler Maman quand l’une des demoiselles de magasin vint me crier « Andrée ! Voilà ta Maman ! » Je ne voulais pas croire à un tel bonheur ; il était réel, pourtant, et quelques minutes plus tard, j’étais en présence de « petit frère ».

Henry avait 7 ou 8 mois. C’était un bébé pâle et assez frêle, à ce que j’ai entendu dire depuis. Pour moi, je trouvai seulement qu’il était ravissant et je ne tardai pas à l’aimer.

Un peu plus tard, eut lieu son baptême. Tante Germaine fut sa marraine et Pierrot, mon frère, fut choisi pour être son parrain. Afin de contraster avec le baptême brillant de Pierrot, celui d’Henry eut lieu tout à fait sans cérémonie. Nous allâmes à pieds à l’église et il n’y eut pas de festin solennel pour clôturer la journée. Par contre, il se produisit un incident plutôt comique lorsque nous fûmes arrivés aux fonts baptismaux : le parrain ayant été présenté à l’abbé de service, celui-ci déclara qu’il était trop jeune pour être le parrain officiel du jeune enfant… Nous n’avions pas d’autre parrain sous la main, aussi le bedeau de la paroisse fut-il réquisitionné pour prononcer les prières d’usage et pour apposer sa signature sur le registre des baptêmes. C’est le brave homme qui est réellement le père en religion de mon plus jeune frère.

 

 

Publié dans:Douty |on 20 novembre, 1911 |Pas de commentaires »

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