Archive pour la catégorie '10 -ANECDOTES SUR :'

9 décembre 1957

Cette journée de Lundi a été très bousculée du fait de la présence d’Elisabeth et de ses enfants. Elisabeth passe son temps à fumer, à lire, à bavarder avec tout le monde. Elle ne fait rien de ses dix doigts - même pas la vaisselle que j’ai dû faire seule toute la journée. Les enfants sont délicieux mais sont absolument livrés à eux-mêmes, mettent la maison au pillage. Valérie a même cassé une de mes jolies chaises de merisier. Bernard trouve tout cela très bien. Sa fille, ses petits-enfants ont tous les droits et si je me plains, c’est moi qui ai tort.

Enfin, tout le monde est parti, le calme est revenu et je peux écouter Tino Rossi roucouler à la radio.

Publié dans:Elisabeth |on 25 mars, 2009 |Pas de commentaires »

Fille de médecin

Lorsque Elisabeth eut la scarlatine, Bernard absorbé par ses clients passait chaque matin la tête à la porte de sa chambre en lui disant : « alors tu n’es pas encore morte ? ». A quoi elle répondait gentiment de sa petite voix : « non papa ! »

Publié dans:Elisabeth |on 16 mars, 2009 |Pas de commentaires »

Fils de médecin

Nos enfants ont eu quelques maladies, bénignes ou graves. Henri notamment est tombé malade pendant que son père mobilisé jouait bien malgré lui au petit soldat. La femme médecin, trouvée pour le remplacer, affolée par la responsabilité qui lui incombait, fit un traitement carabiné : piqures, potions susceptibles de guérir une demi douzaine de maladies. Ce fut une chance qu’il retrouve la santé après une telle avalanche ; et encore n’est-il pas impossible qu’il en garde encore quelque poison secret et que cela n’ait été la cause de son manque de vitalité !

Publié dans:Henri |on 16 mars, 2009 |Pas de commentaires »

Maurice Lacassagne

 

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Maurice Lacassagne est le père de Bernard. En conséquence, il est le beau-père d’Andrée. Il était médecin à Givet, dans les Ardennes.

Il est mort au cours de la débacle de 1940, du côté de Troyes, alors qu’il tentait de rejoindre la Vendée. On dit aujourd’hui qu’il s’est suicidé. Nous savons que c’était un homme dépressif. Mais nous ne retrouvons rien dans les archives qui l’atteste.

Sa femme est Alice Dumesnil. Il ne nous reste pas grand chose de cette aïeule, sauf quelques lettres pleines de gaieté et d’humour. Quelques photos, aussi, où nous la voyons le plus souvent en arrière plan, dans l’ombre, derrière son mari et son fils. Elle était très jolie.

Alice était malade, d’une maladie qui aujourd’hui se soignerait. Mais, un peu comme ce fut le cas pour Camille Claudel, elle fut hospitalisé en psychiatrie pendant une bonne partie de la fin de sa vie. Elle est restée un mystère. On ne parlait jamais d’Alice. Andrée ell e-même ne la cite que très peu dans ses récits.

Publié dans:Maurice et Alice |on 22 janvier, 2009 |Pas de commentaires »

Oncle Paul Delaoutre et Tante Germaine son épouse

Paul Delaoutre, oncle d’Andrée, le frère de sa mère, Marie Delaoutre.

Il était pharmacien, a repris l’officine de ses parents à la mort de ceux-ci.

A été marié deux fois. D’abord avec Germaine Briez dont les parents étaient pharmacien à Lécluse (Pas de Calais). De ce mariage, ils ont eu deux garçons : Henry et Pierre. (Henry est mort d’une appendicite alors qu’il avait 15 ans ; Pierre est devenu coiffeur). Plus tard, ils ont eu une fille, Jeanne, surnommée Nénette. Tante Germaine est décédée au moment de sa naissance, peu de temps après la mort de son fils Henry.

Andrée semblait avoir une grande admiration pour sa tante Germaine qui avait une personnalité forte (Elle seule voulut rester chez elle au moment de l’invasion de Douai par les Allemands ; elle allait négocier des avantages à la Kommandantur pour les voisins et amis)

A noter que Germaine avait un frère, Raymond Briez, dont Andrée avait le béguin quand elle était petite.
Paul a épousé en deuxième noce Marie Briez, la soeur de Germaine. Andrée aimait beaucoup également sa tante Marie.

 

 

Publié dans:Paul Delaoutre |on 22 janvier, 2009 |Pas de commentaires »

Tante Louise

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Appelée plus tard, par ses petits-neveux, Tantante.

Louise Dupuis, Elle est la tante d’Andrée, la soeur de son père.

Elle a été mariée à Emile Delemer puis est devenue veuve assez jeune. Elle n’a pas eu d’enfants, si bien qu’elle s’est attachée à ses neveux et nièce qu’elle aimait beaucoup.

Elle tenait un magasin de chaussure à Douai où elle vivait.

A vécu à Louviers durant la guerre de 14-18, chez son frère et sa belle-soeur,  les parents d’Andrée. A cette époque-là, elle semblait être affectueusement liée à un certain Oncle Jules. On a même parlé de mariage. Puis cet oncle Jules à disparu du journal d’Andrée pour réapparaître beaucoup plus tard, au moment du décès de ce Jules. Tante Louise était un personnage important dans la vie d’Andrée. Elle est un personnage tout court ! Vous le constaterez tout au long de cette histoire.

Publié dans:Louise (Tantante) |on 20 janvier, 2009 |Pas de commentaires »

écrit en 1959 : Andrée juge son beau-père

Mon beau père était méridional et, comme tous les gens du Sud, moins féministe et moins évolué que les gens du Nord. Il est facile de constater que, plus on descend vers l’équateur, moins les femmes sont émancipées. Autant ma famille était moderne, autant mon beau-père l’était peu. Il redoutait visiblement les femmes, leur influence et leur ingérence dans les affaires sérieuses. Pour lui, la femme n’était pas l’égale de l’homme. Il les traitait avec un mépris bienveillant, comme des êtres futiles, un petit animal, à peine plus qu’une guenon apprivoisée. Si ma belle-mère avait eu à souffrir d’une telle attitude, elle n’avait jamais dû en faire la confidence à personne et elle avait pris le parti le plus sage, celui de disparaître au plus tôt. Mon beau père n’avait aucune considération pour les pharmaciens, leur rôle dans la Société lui paraissait aussi inutile que dangereux. Etant à la fois une femme et pharmacien, j’avais doublement le droit de lui inspirer de la méfiance. Il y avait une pointe d’hostilité dans ses sarcasmes que je prenais alors pour d’innocentes taquineries. « Potard, métier d’imbécile. Les pharmaciens sont des épiciers, avec la prétention en plus » Il prétendait également qu’une pharmacie n’était pas un placement d’argent. Le pauvre homme ne connaissait malheureusement, pour lui comme pour nous, pas d’autres placements sûrs que les fond d’Etats. Il aurait été préférable qu’il mette sa confiance dans des valeurs plus tangibles. Quoiqu’il en soit, Bernard avec lui se moquaient gentiment de moi, de mon diplôme et de ma pharmacie. C’étaient à leurs yeux des choses de bien peu d’importance.

Publié dans:Maurice et Alice |on 2 mars, 1959 |Pas de commentaires »

Lettre de Jean Marie à ses parents

Mes chers parents

…) Je vais vous conter par le menu ma journée de dimanche qui semble intéresser tant de gens.

Je suis arrivé à Givet samedi soir et j’ai mangé chez Doudou, aux repas, comme à l’ordinaire. J’ai passé chez Declef dimanche, j’ai emprunté 5000 Frs, mais je n’ai pas eu le temps de parler à Mad tant la boutique était occupée. Le dimanche soir, j’ai décidé de ne pas venir au Lycée à 8h étant donné que nous n’avions cours qu’à 3h de l’après midi. Le lundi matin je suis passé chez Hélène en arrivant à Charleville. Elle m’a fait un billet disant que j’étais arrivé le dimanche au soir chez elle et qu’indisposé elle m’avait retenu le matin au lit. Je me suis fait engueulé pour n’avoir pas fait signer par Declef mon billet. Je pense que voilà le seul grief qu’on me puisse retenir et il ne mérite vraiment pas de cris.

Publié dans:Jean Marie |on 10 décembre, 1958 |Pas de commentaires »

Lettre de Jean Marie à sa mère

Chère Maman,

Ne t’impatiente pas. J’espère pouvoir t’envoyer plus souvent de mes nouvelles. Je me porte bien. J’ai fait un bon voyage. Cependant au début je m’ennuyais bien un peu mais madame Declef m’invitait souvent. Mais c’est cependant avec une grande joie que j’ai vu arriver d’abord Dominique et Jean puis Henri et enfin cette nuit Marie Claude. Tous sont bien arrivés et je m’amuse beaucoup plus. Je pense bien souvent à toi et te remercie de ta gentille lettre qui m’a appris que tu travaille à Sussy-en-Brie.

Publié dans:Jean Marie |on 16 août, 1952 |Pas de commentaires »

1952 – Petit mot de Dominique à sa mère

Chère Maman,

Jean et moi partons en moto demain. Je reviendrai à Paris bientôt pour faire soigner mon cul.

Je t’embrasse mille fois.  Dom

Publié dans:Dominique |on 16 août, 1952 |Pas de commentaires »

1950 -Lettres de Dominique, alors en Espagne, à sa mère (extraits choisis d’une très longue lettre)

Ma chère Maman,

Le temps passe vite. Mes élèves n’étant pas rentrés de Madrid, j’ai plus de liberté et je vais tous les matins chez mes amis hollandais (il faut toujours que j’embête quelqu’un). Nous arrosons le jardin, nous allons au marché, nous faisons toutes les boutiques et nous n’achetons rien. (…) nous nous baignons et prenons de bains de soleil avec un nouveau maillot de bain en Lastex vert que je me suis acheté. 200 Pesetas ! Je suis un peu au chomage, mon portefeuille ne se remplit pas, mais je viens de trouver deux nouveaux élèves (NDLR :  cours de français) : le consul d’Argentine et sa fille, ainsi qu’un officier de marine et sa femme.Je vais leur faire signer l’Appel de la Maison de la Paix !

(…)

Et papa ? tu ne me dis rien de papa. Embrasse-le très fort pour moi. Dis-lui que l’aime beaucoup beaucoup.

Je suis très contente que la Maison de la Paix marche si bien.
(…)

Petit mot pour son père Bernard :

Mon petit Papichou chéri, je pense beaucoup à toi. Il faudrait que tu sois avec moi iciet que nous visitions l’Espagne tous les deux ! Je serais très heureuse, tu me manques trop ! Ecris-moi un petit mot ! Ne travaille pas trop et va à Givet te reposer avec Bab et Wisky. Tu avales toujours du bicarbonate ?

Henri, son frère :

Henri, écris-moi un peu gros flémard, si les Lanriers (?) qui te couvent ne te font pas trop dédaigner une soeur andalouse.Si tu as encore grandi, je ne te reconnaîtrai plus. Raconte-moi quelque chose de ta vie chez les jésuites.

Elizabeth, sa soeur cadette :

Je reçois la lettre d’Abeth ce matin. Cela me fait toujours grand plaisir. Je ne crois pas, ma chère Zabeth, être la plus religieuse de la famille, vu que Maman est entrée dans l’ordre de la Paix. C’est magnifique !

Publié dans:Dominique |on 23 avril, 1950 |Pas de commentaires »

Lettre de Henri à sa mère Andrée

Chère Maman,

Je n’ai pas le temps de t’écrire très longuement car on me réclame pour jouer au ping pong. D’ailleurs, je ne sais pas au juste quoi raconter.  (…) et comme tu ne me réponds pas, comment veux-tu que je sache si mes épitres te font plaisir, t’ennuient ou te sont tout bonnement indifférentes ?

Dans une heure je pars à Miserey, ou je compte bien trouver le remède espéré. Entre nous, tu l’as fait comme je le crois, tu aurais pu te dispenser de parler aux Gouin des mes ennuis intestinaux.

Publié dans:Henri |on 5 mars, 1950 |Pas de commentaires »

Lettre d’engueulade de Henri à sa mère Dédée

Chère famille,

Je ne sais pas au juste qui est le plus à blâmer, de moi, de vous ou du Père préfet. Celui-ci m’a dit hier à midi que maman avait téléphoné pour me faire sortir chez les Gouin. Ce matin j’ai été chez le préfet pour lui demander des précisions qu’il a été incapable de me donner. Surtout, il n’a absolument pas pu me dire si c’était pour aujourd’hui ou pour Dimanche. Enfin, il a ajouté : «si vous voulez sortir, sortez ! si vous ne voulez pas, restez !»

Et je suis sorti.

J’ai été à Miserey (?) où j’étais la dernière personne qu’on s’ttendait à voir paraître. Zabeth était à Evreux et Mr Gouin s’apprêtait à y aller. Nous sommes donc rentrés ensemble, et j’ai été passer le reste de l’après-midi dans la maison d’Evreux où se tient le cabinet du docteur. Pour moi, ça m’a fait une excellente journée de congé, mais je crains d’avoir dérengé les Gouin chez qui j’arrivais comme un cheveu sur la soupe. Enfin, tant qui n’y a rien d’cassé… Mais j’espère que la prochaine fois, tout le monde prendra un surcroît de précautions qui permettra d’éviter de semblables erreurs

Publié dans:Henri |on 13 décembre, 1949 |Pas de commentaires »

Avr 1947 – Lettre d’Andrée à Bernard son Mari

Elle commence par un petit mot d’Henri : Cher papa, nous somme à Givet depuis hier (…) Maman est aux anges. Baboum est doué d’un appétit féroce. Nous allons nous promener à Charlemont. Nous avons dressé une tente dans le jardin et Mr Desesquelles m’a prêté un poignard espagnol et m’a recommandé de ne pas me tuer avec (…)

Andrée reprend la plume :

Mon Kiket chéri. Nous sommes bien arrivés. Baboum a été bien heureux de nous revoir (…) Mais que de travail dans la maison ! Cela me crève le coeur de voir ce pauvre logis pillé par tout le monde et qui est chaque année plus lamentable et plus décrépit. Vraiment, il est tant que cela change et qu’onessaie de remonter ce courant maléfique qui pèse sur nous.

Je ne suis pas aux anges comme le croit Henri. Mais je ne m’abandonnes pas au plus sombre désespoir non plus. Je suis surtout ravi de voir les enfants contents et en pleine forme et j’espère que malgré les difficultés ambiantes, ils passent d’agréables vacances

Mars 1947 – Lettre d’Elisabeth à son père Bernard

Mon joli petit Papa.

Il y a déjà huit jours que je ne t’ai pas vu et tu nous manques à tous. Mais nous sommes contents que tu prennes un peu de repos après ton travail épuisant. Je suis sûre que tu passes de longues heures dans notre chère campagne ardennaise, que je vois souvent en rêve et où j’aimerais vivre toujours avec toi, maman et les quatre autres merveilles, tous seuls, d’une bonne vie saine et heureuse.

C’est impossible, d’abord parce qu’il faut tous vivre sur ton travail et, ensuite, parce qu’il y a des personnes qui nous mettent des bâtons dans les roues.

Samedi soir, Tantante m’a dit qu’elle était appelée comme témoin à une conciliation. C’est, m’a-t-elle expliqué, la dernière limite pour que tu dises non ! à toute cette affaire. Du moins, on te demande à ce moment si tu maintiens ta volonté de divorcer ( tu ne trouves pas que ce mot est horrible ?)

J’ai commencé par beaucoup pleurer.Je ne savais pas que cette histoire était si avancée et je la croyais presque éteinte vu que tu étais plus gentil avec maman. Tout allait mieux. D’ailleurs, nous te gardions tous lesbons plato (?), nous espérions toujours que tu nous reviendrai ; nous avons appris comment te retenir.

Il me semble que notre tendresse pouvait te retenir. Cette pensée m’a consolée. Je t’écris pour te demander si, vraiment, tu veux faire cette idiotie, de ton plein gré. Alors que tu es sous influence contraire et que tu peux retourner la question sous toutes ses faces devant le Charlemont, la Meuse et notre vieux Givet.

Tu peux voir tout ce que tu perdrais. Pas notre tendresse mais, malgré toute la peine que nous en aurions, tu ne nous reverrais plus. Car ton divorce serait la preuve que tu ne nous aimes plus, si tu consens à nous rendre malheureux. Nous souffrons déjà maintenant de t’avoir presque perdu. Que serait-ce si tu partais entièrement ? Je t’assure, en toute bonne foi, que tu dois considérer la question. Ton coeur doit parler, non ton égoïsme. Tu sais parfaitement que Maman t’aime beucoup. Elle ferait tout pour toi. Tu as beau dire, tu lui est encore très attaché, tu l’aimes bien. Seulement, toi, il te faut une femme pantouflarde ; mieux il te faudrait il te faudrait une nourrice toujours derrière toi. Moi, je ne pourrais jamais consentir à être pour mon mari une servante. Je crois que maman est aussi comme cela. C’est en tous cas une jolie maman et, si tu continues, je l’aimerai plus que toi.

Ne crois pas que je te fais un sermon ni des menaces. Simplement je me révolte contre  cette injustice criante qui permet  à n’importe quelle putain  riche de briser un foyer, de faire souffrir cinq enfants innocents (seulement coupables d’aimer trop leur père et leur  mère) et une femme  comme on en voit peu. Ta bêtise nous a  servi du moins à une chose, c’est à nous rapprocher de Maman et à nous la faire apprécier. Maintenant, mon petit papa chéri, réfléchis ! J’ai laissé parler tout mon coeur qui t’aime plus que tu ne le crois. ce sont ces raisons que je t’ai données. Pour une fois, je t’assure, malgré Pascal « le coeur a des raisons que la raison connaît »

Le climat des Ardennes est excellent pour la réflexion.

Maintenant, mon adorable Céladon, je te demande de saluer  de ma part les Bethemond, les Broggini, les Desquelle, et le Mont d’Haurs. Embrasse des centaines de fois mon Baboum.

Mars 1947 Lettre d’Henry à son père Bernard

Mon cher Papa,

Elisabeth m’ appris que la sommation du divorce que tu as mis en instance aura lieu dans quelques temps.

Ainsi donc il paraît que le maison ne te plait plus. Mais à cause de qui ? Regarde quel chagrin tu vas faire à toute la famille ! sous prétexte que tu te laisses faire comme un bébé par une espèce de «j’fourre mon nez partout» qui ne pense qu’à elle ( et même pas à toi ou à ses enfants. D’abord elle est bête comme ses pieds et, ensuite, tu risques de devenir comme elle. Considère que tu as cinq enfants qui t’aiment beaucoup ! Un petit Jean-Marie que tu ne voudrais certes pas rendre malheureux. Une femme qui t’aime bien et que toi-même tu aimes bien (avoue-le !) Regarde ça en face de la putain ! et choisie ! N’oublie surtout pas qu’il faut choisir par toi-même et non selon les désirs (qui font tes faiblesses) d’une femme égoïste.

Ici tout le monde va bien et j’espère qu’il en est de même à Givet.

Ton enfant qui t’aime. Bons baisers. Henri

Publié dans:Bernard, Henri |on 16 mars, 1947 |Pas de commentaires »

Juillet 1944 – Lettre de Dominique à sa mère Andrée

Ma chère Maman,

Nous venons de recevoir ta lettre désolée !!   Il ne faut pas te faire tant de bile pour nous… En ce moment il nous est impossible de partir, les trains ne vont que jusqu’à Fîmes, et après, la Gare de l’Est ne peut rien nous dire, ils ne savent absolument pas s’il existe des trains entre fîmes et Reims et Reims et Charleville. Nous risquons de nous embarquer à l’aventure et d’être coincées là-bas. Je regrette ; évidemment nous aurions dû partir, mais Papa était indécis. Mimi traînait et ne montrait aucune envie de partir. Quand je lui disait qu’il fallait s’en aller, elle me répondait « Pars toute seule si tu y tiens tant que cela, moi, je veux voir le siège ! ». Tantante disait qu’il ne fallait pas abandonner Papa. Bref impossible de secouer ces escargots !!

Je comprends tes inquiétudes.. Mimi a tort de ne pas les partager. Mais ne te fais pas trop de mauvais sang. Ce n’est pas encore trop terrible pour le moment. Je suis prête à partir dés que ce sera possible (Papa est d’accord !!) avec le type dont tu nous parle j’espère..

A bientôt je le souhaite de tout mon cœur !! En attendant j’embrasse toute la famille très affectueusemnt.

Ta fille Dominique qui t’aime beaucoup

Publié dans:Dominique |on 28 décembre, 1944 |Pas de commentaires »

1944 – Lettre de Mimi à Dédée

Ma chère Maman

 La première chose agréable que je t’annonce est que je suis recalée à mon bachot, ça n’est pas très  drôle mais je m’y attendais. C’était comme un pressentiment. J’aurais grand plaisir à te rejoindre à Givet, mais je ne sais pas  si c’est possible. Ici le ravitaillement s’améliore, Papa commence à s’en occuper sérieusement et ma foi on se débrouille.Pour le bachot j’ai peur qu’il n’y ai pas de session en octobre ce qui me ferait redoubler ma première et je n’en ai nulle envie. J’espère que vous êtes toujours bien à Givet. Jeudi je suis allée avec Dominique chez Camille Salacrou qui est elle reçue à son bac. Nous avons fait une promenade de 30 Km à travers Paris. On était fourbues en arrivant. Il y a eu 2 alertes dont une, la 1ère avec bombardement qui nous a surprises au milieu de La Concorde. Les éclats de DCA pleuvaient autour de nous, alors nous nous sommes réfugiées contre une des statues de la place. Après ça s’est un peu calmé, nous sommes reparties mais ça a recommencé et nous nous sommes réfugiées sous un kiosque pendant que les bombes dégringolaient. C’était sur Gennevilliers. Ils ont touché un dépôt d’essence et une usine à gaz, il y avait une fumée énorme, épaisse, noire, on aurait cru un volcan. Un avion a été abattu rue Riquet. On l ‘a vu tomber de La Concorde, ça nous a joliment fait mal au cœur. J’espère que vous êtes dans le calme plat éloignés de tout danger et que vous regorgez de ravitaillement. Espérons que la guerre sera bientôt finie de n’importe quelle manière du moment qu’on ait la paix et qu’on se retrouve entre français pour s’arranger comme on voudra. Voilà la troisième alerte de la journée qui sonne et il n’est que midi, ça nous promet une après-midi mouvementée.

J’ai des nouvelles de Robert Dumesnil, il est resté à Paris. Ses parents sont évacués dans une ferme à 3 Kms d’Argentan qui est complètement rasée, les Delaoutre sont évacués à 6 Kms de Laigle dévastée. Enfin comme tu sais il ne restera pas grand chose de notre chère Normandie. Je te donne là des nouvelles que tu connais peut-être déjà. Je ne sais si tu connais le sort de Mme Varin et d’Alberte qui ont loupé le dernier train à cause d’une indisposition d’Alberte et elles sont restées à Rouen dans une maison délabrée et bien ébranlée par les bombes.

Il y a une erreur dans ma lettre, je suis reçue à mon bachot, avec indulgence il est vrai, mais reçue quand même. Comme je suis en retard pour faire les instruments, je n’ai pas le temps de t’expliquer pourquoi je me croyais recalée, mais un coup de téléphone de René Bonneville vient de me détromper. Quelle veine !

Je t’embrasse des millions de fois tant je suis heureuse et tant je t’aime.

Mimi

Publié dans:Mimi |on 28 décembre, 1944 |Pas de commentaires »

1940 : Lettre de ??? à Mimi

Ma chère Mimi

Je suis triste car je viens t’annoncer la très triste nouvelle : notre pauvre Pépé (NDLR : Maurice Lacassagne) est mort. Nous avons reçu une dépêche ce matin et nous sommes tous en larme. maman pleure mais aussi Elisabeth. Henri ne pleure pas mais il est trop petit. Maman me dit qu’il faut prier beaucoup pour qu’il aille au ciel. Madame Declef est venue. Elle nous a dit que les avions volent en rase-motte et mitraillent tout (…) Il a dû être mitraillé. Ilest mort à l’hôpital de Troyes.

Publié dans:Maurice et Alice, Mimi |on 20 janvier, 1940 |Pas de commentaires »

1940 – Lettre d’Elisabeth à Mimi

Ma chère Mimi,

Je viens d’apprendre une très mauvaise nouvelle. Pépé est mort à l’hopital. Maman ira et Papa sûrement aussi. Nous sommes tous tristes pour le pauvre Pépé

(NDLR : Il s’agit du décès de Maurice Lacassagne, père de Bernard)

Publié dans:Elisabeth, Maurice et Alice, Mimi |on 20 janvier, 1940 |Pas de commentaires »
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