Archive pour la catégorie 'A  l’école'

Le 27 mars 1919

Je reprends encore mon journal, profitant d’une journée, trop courte, passée à la maison.

Rien n’est changé depuis le 5, si ce n’est que j’ai seize ans depuis 3 jours, et que j’ai 22 jours de moins à être pensionnaire.

J’en ai par-dessus la tête de la pension en général et du collège en particulier. A part cela, il faut que j’y demeure encore pendant deux mois et demi (sans compter ce qui reste encore jusqu’à Pâques). Quel malheur !

Un faible éclair de joie à travers les ténèbres de ma captivité est le départ de Mlle Ravent, l’abhorrée surveillante d’internat. Cela, c’est une vraie chance, la seule, hélas ! que j’aie.

En pension, je tache de travailler et certainement je travaille bien pour certaines choses. Je dois avouer que j’ai passablement négligé les sciences, parce que c’était Mlle Ravent qui nous les faisait (Physique et Chimie). Je continue à faire des vers de temps en temps ; je fais des études de mœurs et de caractères (fort peu réjouissantes) et je m’ennuie affreusement.

Publié dans:A  l'école |on 14 juillet, 1919 |Pas de commentaires »

1919 : Petite crise d’adolescence

A ce propos, je me demande si j’ai un tempérament si farouche que je ne puisse m’acclimater nulle part ? Quand ma tante Léa était ici, bien souvent, devant l’encombrement éternel de la maison, je soupirais après le moment où elle nous quitterait. Maintenant, dans la maison vide où Maman crie est gronde toujours, où l’on n’a pas un coin tranquille et confortable, où, pas plus qu’en pension, on ne peut rien faire à son goût, où surtout (et je ne sais pourquoi) on ne sent plus le « home », je suis désillusionnée. Ce n’était certainement pas ainsi que je me représentais la maison vide de ses hôtes. Bonne Maman travaille seule dans la cuisine ; Maman la fuit systématiquement (elle aime la « solitude » !) et occupe l’ex chambre de ma tante Louise ; Papa est dans son bureau ou dehors. Quant aux enfants, ils sont n’importe où, mais ils sont punis quand ils font des sottises, se salissent, ne travaillent pas, etc.

Et, qu’y faire, mon Dieu ? J’aimerais tant, cependant, être à la place de Maman, avoir des enfants à diriger, à amuser et à distraire ; travailler avec Bonne Maman, chercher à rendre ma maison animée et élégante.

Quant à cela, ah ! bien ! oui !… je comprends en vérité que Papa fuie la maison tous les soirs pour aller au bridge – en dehors de l’intérêt du jeu qu’il adore, et qui l’invite à sortir, quel plaisir pourrait le retenir à la maison ? En vérité, j’ai envie de… je ne sais quoi, quand, au collège, les autres parlent de leurs soirées en famille. Nos soirées à nous sont belles : on fait la vaisselle (très prosaïque !) puis on se couche. Je pense bien que Maman est fatiguée, le soir, mais enfin on pourrait cependant faire autre chose que la vaisselle et le coucher.

Publié dans:A  l'école |on 14 juillet, 1919 |Pas de commentaires »

Au collège d’Evreux – Vendredi 11 octobre 1918

Péripéties extraordinaires au collège !

 

Depuis quelques temps déjà, la grippe se propageait à Evreux avec une abondance et une gravité inusitée dans les cas signalés.  Les soldats furent les premiers atteints, puis les civils. Les élèves de l’Ecole Normale l’attrapèrent et, après plusieurs décès, en des endroits différents, on commença à s’inquiéter. Deux jours après la rentrée, l’Ecole Normale des Filles était licenciée et maintenant c’est à notre tour ! Pendant huit jours, nous n’avons eu aucune maladie ; puis, l’une après l’autre, 3 maîtresses ont été plus ou moins souffrantes et, enfin, mercredi soir, plusieurs pensionnaires ont été atteinte de mal de tête. Madame la Directrice s’est affolée, a prévenu les parents de suite. Hier, 40 pensionnaires sur 65 sont parties. Exactement 38 ! 15 autres étaient plus ou moins souffrantes, mais plutôt enrhumées, et les 12 autres se sont ennuyées à mourir. (…

…) Cet après-midi, ma tante Louise n’a pas voulu que je retourne au collège où, d’ailleurs, il n’y avait que le cours de dessin. Mme Valette, la concierge, lui a dit que le docteur était venu et avait annoncé que demain à midi on licencierait sans doute le collège, le lycée de garçons et toutes les écoles.

Nous irons donc en classe demain matin et nous partirons à 3h pour Louviers. Les douze dernières internes sont parties chez elles cet après-midi, si bien qu’il ne reste plus que les quinze malades à l’infirmerie. Elles ne sont pas, paraît-il, très gravement atteintes, elles ont plutôt de gros rhumes, mais cette épidémie de grippe étant assez grave et certains cas ayant même été mortels, on ne saurait prendre trop de précautions dès le début de l’indisposition. De plus, il est compréhensible que Mme Perrin, ayant la responsabilité de 65 jeunes filles, ait préféré renvoyer les valides, plutôt que de les exposer à être toutes malades.

Pour nous, cela nous fait un petit congé

Publié dans:A  l'école |on 29 décembre, 1918 |Pas de commentaires »

Janv 1917 – Mme Loth, la maîtresse, enterre sa belle-mère

Toutes les élèves s’étaient réunies dans un coin du salon, en face de la famille, en attendant de partir à l’église, après avoir serré la main de madame Loth et de ses enfants. Je ne me suis pas ennuyée pendant le quart d’heure d’attente que nous avons eue, car je me suis amusée à regarder toutes les personnes, fort nombreuses, qui sont venues voir Madame Loth. Derrière moi, assises sur un canapé, il y avait madame Corneville et madame Laguette qui causaient, et dont, naturellement, j’ai entendu leur conversation :

-     Vous savez, disait madame Laguette, c’est de la faute à madame Loth si sa belle mère est morte. J’étais là et j’ai pu tout remarquer. On ne lui donnait pas assez à manger, et on la soignait fort mal.

-   Non ! Je crois plutôt qu’elle était fort malade, depuis longtemps. Ces maladies sont toutes les mêmes. On consulte une quantité de médecins, mais le résultat est toujours pareil. C’est comme mon œil…

-     Ah ! Comment va-t-il, votre œil ?

-     Oh !  Toujours pareil. Pour finir je ne suis plus les prescriptions des médecins.

-      Mais, je vous assure que si ! Madame Loth était une charge pour sa belle fille, cela n’empêche qu’elle a été fort mal traitée par elle.

-      Elle vidait ses armoires !

-     Vous croyez ?

-      Madame Loth, elle-même, me l’a dit.

Je me suis retournée à ce moment, ce qui fait que les deux dames se sont tues.

Nous avons vu défiler beaucoup de personnes, entre autres Lucette Chorel et son mari. Or Lucette avait oublié d’aller asperger le corps, et madame Chorel (mère) s’est précipitée pour la faire y retourner. Mais Lucette n’a pas voulu obéir à sa belle-mère et y aller.

Publié dans:A  l'école |on 20 décembre, 1917 |Pas de commentaires »

Janvier 1917 : les notes à l’école

Nous avons les résultats du concours du brevet. J’ai eu en dictée 9/20, et en questions 15/20, en composition française 24/40, en calcul 22/40, en écriture 12/20, en dessin 13/20, et en couture 4/10. Cela m’a fait en tout, avec les quatre premières compositions, 80 points.

Je tutoie Edith Jacob (petite camarade de classe) depuis vendredi dernier. Nous avons du mal à nous y habituer car nous nous sommes « vouvoyées » pendant longtemps. Edith est d’ailleurs très gentille, je ne sais pas pourquoi nous n’avons pas fait connaissance plus tôt.

Publié dans:A  l'école |on 19 décembre, 1917 |Pas de commentaires »

25 mai 1917

Jeudi dernier, c’était l’examen de catéchisme ; nous avions 20 questions assez faciles à l’écrit. Quant à l’oral, c’était assez amusant. Les deux abbés qui interrogeaient interrompaient sans cesse leurs questions pour se parler entre eux, et ces petits apartés nous amusaient beaucoup. Hélas, cela m’a tant amusée que j’en riais toute seule et que j’étais obligée de me mordre les lèvres pour ne pas rire tout haut ! Et, impossible ensuite de reprendre mon sérieux ! C’est là un véritable supplice que d’être prise d’une folle envie de rire devant des examinateurs parce qu’on est occupé à essayer de se retenir et qu’on n’a plus du tout la tête aux questions. J’en ai fait l’expérience.

Vendredi, en allant faire des courses avec Annette Auvray, j’ai rencontré trois petits Toulemonde qui couraient de toute la vitesse de leurs jambes dans la rue du Neubourg, s’arrêtant aux étalages, puis continuant à courir. J’ai appris cela à leur sœur ce matin. Cela ne me regarde pas, c’est vrai, puisque je ne les connais pas, mais ces trois étourdis se feraient si facilement écraser ! et je suis sûre que chez eux on ne sait pas qu’ils se promènent comme cela. Puis, ce qui m’a donné du courage, c’est de penser que nous serions bien contents d’être prévenus si Douty et Loulou, par exemple, couraient ainsi dans les rues, au risque d’un accident possible. Il faut dire aussi que j’avais bien envie de parler avec Mlle Toulemonde.

 

Publié dans:A  l'école |on 15 décembre, 1917 |Pas de commentaires »

Février 1917 : petites chamailleries

En ce moment, il y a quelques disputes en classe, et voici pourquoi.

Hélène Crouzet et Suzanne Ducomet apprennent le latin ensemble. Un prêtre d’Acquigny vient leur donner une leçon une fois par semaine. Cela ennuie Hélène, et elle a tant supplié ses parents de lui supprimer le latin qu’ils y ont consenti. Naturellement, cette nouvelle doit demeurer secrète pour Suzanne. Mais Hélène est très bavarde. Elle a fait part de son bonheur à toute la classe, et elle fait sans cesse allusion à Suzanne sur ce sujet. Si bien que son amie a fini par se douter de l’affaire :

-      Tu n’as point besoin de faire des mystères avec ton secret, va ! Je le connais ; quelqu’un de la classe me l’a dit.

-     Qui ? Je voudrais bien le savoir. Tu crois savoir, et tu ne sais rien. Et puis, le dernier vendredi de ce mois, à 5h, tu seras fameusement surprise… et furieuse !

Et, elles ne font que se chipoter là-dessus. Mais, avec tous les sous-entendus d’Hélène, il est impossible que Suzanne n’ai rien deviné. Et Hélène s’imagine que nous avons révélé le secret à Suzanne, aussi elle est fâchée avec nous, ce qui m’est bien égal. Suzanne est forcément de notre côté, puisqu’elle est contre Hélène, et cela la met bien avec moi, quoique j’ai dessiné une caricature où elle n’était pas trop embellie.

Publié dans:A  l'école |on 19 novembre, 1917 |Pas de commentaires »

1917 : cherche correspondante anglaise

J’ai envie d’une correspondante Anglaise. Miss Guening n’ayant pas l’air de m’en trouver une, j’ai écrit à « la semaine de Suzette » pour être admise à la petite poste sous le pseudonyme de Rose-May. Je demande à correspondre avec une petite Anglaise de mon âge, avec Fleur de l’ile de beauté, une Corse, avec Hirondelle des Alliés et une autre encore, toutes deux réfugiées.J’espère que cela réussira.

Publié dans:A  l'école |on 15 novembre, 1917 |Pas de commentaires »

mars 1917 – les devoirs à l’école

Nous avons eu un problème très difficile à la composition de calcul :

On place 2 capitaux, l’un à 3%, l’autre à 4,5%. Le premier, placé pendant le même temps que le second, rapporte 300 frs, et le deuxième qui surpasse le premier de 1800 frs rapporte 504 frs. On demande le montant des deux capitaux et le temps du placement.

Je suis restée toute la soirée sur ce problème que je ne pouvais pas résoudre. J’ai enfin trouvé la solution, après beaucoup d’essais.

Nous avons eu cette semaine les résultats du concours du BE du « Courrier » : j’ai eu en orthographe 4/20 ; en questions 13/20 ; en composition française 26/40 ; en calcul 30/40 ; en écriture 12/20 ; en dessin 12/20 ; en couture 5/10.

Le total des points des 5 premières compositions était de 84. Il en faut 70 en moyenne pour être reçu. Si nous avions passé le véritable examen, j’aurais été reçue.

Publié dans:A  l'école |on 2 novembre, 1917 |Pas de commentaires »

Avril 1917 – Gymnastique à l’école

Mercredi matin, madame Loth a dit à tout le monde d’apporter un manche à balai pour l’après-midi. Nous étions fort intriguées et nous demandions à quoi cela nous servirait, mais nous n’avons rien pu savoir. L’après-midi, chacune est arrivée avec son manche à balai. Madame Loth nous a fait mettre en rang et nous a fait faire de l’exercice avec nos bâtons car, paraît-il, elle a remarqué que nous nous tenions toutes très mal.

-     Tu verras, me dit Edith Jacob en présence du spectacle de la cour de récréation transformée en gymnase, je te prédis que cette nouvelle fantaisie ne durera pas huit jours. Vous ne ferez pas dix fois l’exercice avec vos bâtons. Rappelle-toi ce que je te dis ! Madame Loth change d’idée comme de chemise.

-    Cela ne m’étonne pas, dis-je. Avant huit jours, nous sommes en vacances et il est possible qu’ensuite cette lubie soit oubliée.

Publié dans:A  l'école |on 10 octobre, 1917 |Pas de commentaires »

1914 : La première communion

Je me souviens un peu de la retraite qui précéda ce grand jour. Nos journées, en dehors des exercices et sermons de la retraite, étaient occupées par des lectures pieuses et des jeux innocents dans le jardin tout en fleurs de madame Loth. Nous ne faisions plus rien comme travail de classe. Cela était réellement délicieux. Quant à mon état d’esprit à ce moment, les souvenirs qui m’en restent sont assez vagues et incertains. J’étais heureuse, certes, mais calme et je m’en étonnais. Il faudrait que j’eusse beaucoup vécu. Quoiqu’il en soit, cette journée fut belle et heureuse, certainement. Si ce n’est qu’à une illusion que je dus ce bonheur passager, mais profond, que bénie soit cette illusion et le réconfort qu’elle donne ! De toutes les façons, elle est belle et noble, puisqu’elle offre à l’âme une des joies les plus pures, les plus désintéressées et les plus élevées qui soient ! Tout n’est-il pas illusion ? Et, s’il faut dire l’impression réelle de mon âme à l’heure qu’il est, j’affirmerai que c’est peut-être là le moins illusoire de tous les bonheurs. Tante Louise et Bonne-Maman vinrent seules à la cérémonie, tante Germaine étant déjà venue à Louviers à Pâques avec mon oncle Paul. Il n’y eut pas à ma maison de fête ou de réjouissance extraordinaire et je n’ai pas lieu de m’en plaindre. Après être restée quelques jours avec nous, ma tante et ma grand-mère reprirent le chemin du Nord qu’elles devaient bientôt quitter à nouveau ! Elles ne s’en doutaient guère à ce moment, et les derniers jours s’écoulèrent tranquillement.

Publié dans:A  l'école |on 22 décembre, 1914 |Pas de commentaires »

1913 – Exaltation religieuse

En 1913, je reçus comme prix : « Fabiola »[1]. Je lus ce livre avec la passion qui ne manque pas de posséder tous ses lecteurs quels qu’ils soient. Je ne sais pas pourquoi, mais je m’imaginai qu’il existait entre les deux amies, Geneviève Delachair et Suzanne Ducomet, le même genre d’affection pure et fraternelle qui existait entre Agnès et Fabiola, ou bien entre Myriam et Fabiola. Je supposais que le rêve unique de ces deux jeunes saintes (je parle de Geneviève et Suzanne !) était de devenir les épouses du Christ, et je  m’habituai à contempler  les deux écolières avec le plus profond respect et avec un vif désir de faire  partie de leur sainte et noble association., c’est-à-dire d’être un jour leur amie, moi aussi. Je ne leur confiai pas ce sentiment, bien entendu ; mais un jour, je leur écrivis une lettre où je leur parlai d’Agnès et du désir qu’elles devaient avoir de l’imiter. Cette lettre ne leur parvint jamais ; elle fut interceptée par madame Loth qui la lut, mais qui, j’imagine, ne la comprit pas, car elle ne me fit aucune réflexion à son sujet.

Je traversai là, à propos de Fabiola, une véritable crise d’exaltation religieuse. Mon énervement fut augmenté par la lecture du « journal de Marguerite[2] » et par ma préparation à la première communion. Un jour, ne pouvant garder mon secret pour moi seule, je le confiais à monsieur Lenfant en allant me confesser. Le pauvre abbé ne se moqua pas de moi. Il me dit seulement de penser à ma vocation, de beaucoup réfléchir et de prier Dieu de m’éclairer. C’est ce que je fis, mais je devins si malheureuse intérieurement avec l’idée perpétuelle de mon couvent (je ne pouvais plus entendre parler de religieuses sans rougir jusqu’aux oreilles) que je pris un beau jour la ferme résolution de ne plus y penser avant l’âge où je pourrai mettre mes projets à exécution. C’est ainsi que je réussis à me vaincre par l’oubli.


 

[1] Fabiola, du Cardinal Wiseman, 1853

[2] Le journal de Marguerite ou les deux années préparatoires à la première communion, de : Mlle Monniot (1870)

Publié dans:A  l'école |on 22 décembre, 1913 |Pas de commentaires »

1912. Pour la première fois à l’école !

Maman nous parla d’aller en classe chez une dame de la ville, madame Loth, qui tenait un petit cours fréquenté par les jeunes filles de la bonne société ; son mari donnait des leçons de piano ; ce fut chez eux que l’on m’envoya pour acquérir une instruction sérieuse.

Jusque là j’avais toujours travaillé avec Maman, à part le stage, à Douai, chez mesdemoiselles Durutte. J’avais donc toujours fait ce que j’avais voulu et j’étais d’une ignorance notable pour mon âge.

Publié dans:A  l'école |on 19 décembre, 1912 |Pas de commentaires »

L’école en 1912

Madame Loth me plaça pourtant au rang des jeunes filles de ma génération, et même avec quelques unes plus grandes que moi. Seule avec une jeune adjointe, elle faisait travailler une vingtaine d’élève de tous âges ; elle ne pouvait donc pas faire beaucoup de distinction entre tous ces élèves. En général, elle les séparait en quatre grandes divisions : les tous petits dont s‘occupait la jeune adjointe et qui apprenaient à lire ; les élèves qui se préparaient à travailler pour le brevet et qui d’ailleurs faisaient la même chose que celles du brevet avec un peu de simplification ; les élèves du brevet simple ; enfin, les élèves qui, l’ayant passé avec succès, poursuivaient leurs études en vue du brevet supérieur.

Je fus placé dans le second groupe. A 9 ans, donc, je fis des dictées « du brevet », avec leurs questions de grammaires, des compositions françaises données au certificat d’études et des problèmes du même âge. Je dois avouer que je faisais facilement 50 fautes dans mes dictées et que je ne pouvais arriver à résoudre un seul problème. Quant à la composition française, je m’y révélai de suite de première force. Le matin, nous arrivions en classe à 9 heures ; nous en sortions à 11 heures ; l’après midi, la rentrée était à 1h un quart. Il y avait une récréation pour le goûter de trois heures et demie à quatre heures, et de 4 à 5 était l’étude. A part cela, je ne travaillais jamais à la maison.

Publié dans:A  l'école |on 18 décembre, 1912 |Pas de commentaires »

1912 – à l’école de madame Loth

Ma plus grande amie fut Hélène Crouzet, parce que nous avions le même âge et que nous travaillons toujours ensemble. Je bavardais souvent avec elle, lorsque nous étions l’une près de l’autre, aussi me fit-on changer plusieurs fois de place. Notre salle de classe était un grand appartement clair, dont les fenêtres donnaient sur le jardin de madame Loth. En été, on les laissait ouvertes et l’odeur des roses nous embaumaient. Les grandes étaient à un bout de la pièce et les petites à l’autre ; c’est ainsi que, d’années en années, à mesure que je grandissais, j’avançais progressivement vers le mur opposé à celui qui me servait de dossier, lors de mon arrivée chez madame Loth. Pendant les récréations, nous jouions toutes ensembles, grandes et petites, aux barres, au chat perché, chat coupé, courir, etc. En hiver, nous jouions plutôt à la poste-court, au furet, aux proverbes, aux portraits, etc. Nous jouions à la corde en n’importe quelle autre saison. Les apartés étaient désapprouvés et rares ; seuls les tous petits ne s’amusaient pas avec nous. En général, nous aimions bien le cours de madame Loth, et madame Loth elle-même, qui nous embrassait quatre fois par jour.

Publié dans:A  l'école |on 22 juillet, 1912 |Pas de commentaires »

L’école de madame Loth, suite….

A l’été suivant, le groupe des grandes fit sa première communion. Elles me firent l’effet d’être si grandes pour ma petite taille d’alors, et si impressionnantes dans leurs vêtements blancs que, en rencontrant aujourd’hui des communiantes, je ne peux me figurer que les objets de mon émoi, alors, étaient ainsi, réellement. Il me semble que les générations qui me suivent sont minuscules auprès des générations qui m’ont précédée. Effet d’optique !

Publié dans:A  l'école |on 20 juin, 1912 |Pas de commentaires »

Oct 1912 – Andrée entre au catéchisme ; début d’une vocation

Au mois d’octobre 1912, Hélène et moi entrâmes à notre tour au catéchisme. Il était fait par un jeune vicaire, mince pâle et brun, Monsieur l’abbé Lenfant. Il était intéressant mais extrêmement vif ; plus d’une fois je tressaillis, pensant qu’il allait me giffler. Au fait, pendant ma première année de catéchisme, n’allant pas aux offices (grand messe et vêpres) qui comptaient chacun pour cinq points dans mes notes, j’eus pour rang habituel la 13 ou 15ème place. L’année d’après, pour compenser, je demeurai toujours première, car j’allais aux offices, cette fois, et, de plus, je savais toujours parfaitement mes leçons et mon histoire sainte.

Est-ce que ce fut le catéchisme, ou les habitudes pieuses du cours de madame Loth où l’on disait le Veni Creator avant de travailler le matin et une dizaine de chapelet avant de travailler l’après midi, est-ce que ce fut simplement un épisode lu ou entendu raconter qui mit dans mon cerveau  l’idée tenace de me faire religieuse ? Je l’ignore, mais je sais qu’à ce moment cette idée me prit et me poursuivit ensuite pendant près de 2 ans.

Publié dans:A  l'école |on 19 juin, 1912 |1 Commentaire »

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