Octobre 1918 : l’Allemagne demande la paix !

Autres nouvelles, plus graves et plus sensationnelles que j’aurais dû inscrire en tête de mon journal d’aujourd’hui sans les incidents qui sont les faits du jour : l’Allemagne demande la paix.

Il ne faut pas prendre cette nouvelle pour plus importante qu’elle ne l’est avec un adversaire comme le nôtre : cette demande a été faite avec un zeste de condescendance, sous les apparences d’une offre. Mais ce n’est pas une offre, quand même, c’est bien une demande ; l’Allemagne se sent vaincue ; peut-être n’a-t-elle pas le courage d’une nouvelle campagne d’hiver ; peut-être juge-t-elle que de toutes façons, c’est à elle de faire les premiers pas et que le plus tôt sera le mieux. Mais elle n’est pas encore tout à fait abattue et, même, à supposer que la paix ne lui soit pas accordée, elle résisterait encore pendant assez longtemps peut-être, avec toute l’énergie du désespoir et nous aurions encore à subir leurs durs assauts.

Mais il n’en reste pas moins vrai que nos ennemis sont maintenant en notre puissance et qu’un jour ou l’autre il leur faudra bien se soumettre à nos volontés.

A la note de l’Allemagne adressée samedi dernier au président Wilson, « l’apôtre du droit », le président qui, décidément est un chic type, a répondu par une autre note en disant qu’il accorderait à l’Allemagne la paix selon  les prescriptions déjà dictées par lui, et une armistice générale (que l’Allemagne réclame également) permettant de commencer les discussions de paix, mais ceci moyennant l’évacuation des territoires envahis.

Nous attendons à présent la réponse de l’Allemagne. En attendant d’évacuer volontairement, l’armée du Kaiser est repoussée pas à pas des territoires occupés par les troupes françaises, anglaises, belges et américaines. Chaque jour, presque, enregistre de nouvelles victoires : Cambrai, St Quentin sont entre nos mains.

Mais quand on voit l’état dans lequel l’ennemi dans sa rage a mis toutes ces belles cités, on se demande ce qui restera après la guerre de tout ce pays, de ces villes prospères, de cette campagne riche. Ils paieront, ils rembourseront, a-t-on dit. Mais il y a des choses qui ne se paient pas ; il y a des choses que tout l’or du monde ne saurait rendre ni même remplacer.

Et, quand même cela pourrait être, il y aura toujours la douleur des mères sans enfants, des épouses sans maris, des fiancées veuves au voile blanc, des enfants sans père… il y aura toujours pour la France meurtrie la perte de plusieurs millions de jeunes hommes valeureux, fauchés dans l’âge le plus brillant, qui étaient destinés à former l’élite de la race française.

Par quoi, par qui, celui qui a voulu ces choses pourra-t-il nous rendre cela ?

Publié dans : La guerre 1914 1918 |le 15 décembre, 1918 |Pas de Commentaires »

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