10 mai 1917

Si tout cela continue, il ne nous reste plus qu’à mourir de faim avec bravoure et gaieté ! On déclare partout que la récolte en blé ne sera pas fameuse, toutes les terres ayant été gelées par le froid. Nous qui avions tant besoin d’une bonne récolte pour nous remettre un peu ! On prend de tous côtés des mesures pour prévenir une pénurie de farine : plus de pâtisserie du tout ! jusqu’à la fin de la guerre. Les pâtissiers ne doivent vendre ni gâteaux frais, ni gâteaux secs. S’ils veulent, ils peuvent laisser ouverte leur boutique (excepté les mardis et mercredi) et vendre des gâteaux sans farine ! Mais je crois qu’ici, ils vont fermer. Et puis, on a droit à 125g de farine par jour et par famille pour la cuisine. Les boulangers doivent faire une liste de leurs clients avec le nombre de personnes chez chacun. On leur donnera d’après cette liste quantité déterminée de farine pour leur pain. Cela n’est pas encore grand’ chose après tout. Je pense même qu’il y a longtemps qu’on aurait dû supprimer les gâteaux. On ne serait peut-être pas obligé aujourd’hui de limiter le pain. Ce qui est consolant c’est que les Boches en ont encore moins que nous et qu’ils n’ont pas l’espoir que l’Amérique leur en donne. Et quand même ! Nos soldats luttent bravement pour empêcher les Boches de venir jusqu’à nous. C’est à nous de montrer que nous sommes dignes d’eux ; nous tiendrons jusqu’au bout et malgré tout et nous ne nous reposerons que lorsqu’ils auront écrasés nos ennemis !!!

Il y a eu encore une offensive anglo-française la semaine dernière. De notre côté, il y a eu environ 5000 prisonniers. Craonne (point très important) est pris et nous sommes sur le plateau du chemin des Dames. Les Boches font beaucoup de contre-attaques, ce qui prouve combien ils tenaient à ces positions. Je crois que nous comme nos alliés avons le plus vif désir d’en finir et que nous chasserons bientôt l’envahisseur du sol de France. Nos attaques sont trop rapprochées pour qu’il n’en soit pas ainsi.

La « petite Poste » ne marche plus, car les insertions dans les journaux sont interdites, par crainte des espions. Cela fait que la mienne ne paraîtra pas et que je désespère pour ma correspondante anglaise. I will never write in England.

Publié dans : La guerre 1914 1918 |le 24 décembre, 1917 |Pas de Commentaires »

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