Mars 1917 – Réflexions d’Andrée sur les événements politiques et militaires

Bapaume est pris par les Anglais ! Cela est une très belle victoire (bien qu’il ne reste guère que des ruines dans le village) parce que l’on dit qu’il est impossible aux Allemands de garder Douai, Cambrai et le reste, s’ils n’ont pas Bapaume[1] qui est le centre de toutes les communications. Si cela était vrai ! La délivrance serait proche.

En ce moment, il y a des troubles en Russie. La Douma (chambre des députés) à forcé le tzar Nicolas à démissionner. C’aurait été le tzarevitch Alexis, qui a treize ans, qui aurait régné avec le grand duc Michel, son oncle, comme régent. Mais Nicolas ne voulant pas se séparer de son fils, le grand duc Michel sera empereur seul ; cet événement est peut-être heureux, car, de cette façon, le gouvernement sera plus fort et activera les opérations. Néanmoins, je trouve que Nicolas s’est très bien conduit au commencement de la guerre.

Le Général Lyautey, ministre de la guerre, a démissionné, il y a quelques jours, à cause de l’opposition des socialistes à ce qu’il voulait faire. Il est bien malheureux qu’en des temps si critiques les députés ne laissent pas les ministres se débrouiller comme ils l’entendent et, qu’à tant d’autres préoccupations, ils leur ajoutent celles de se défendre contre la chambre.

Encore une autre démission très ennuyeuse : celle de Briand, ministre des affaires étrangères. Briand était un très bon ministre et c’est lui qui a encouragé l’Italie à se mettre en guerre, il y a deux ans. Il nous a été aussi très utile en Orient. Enfin, tout cela est très malheureux.

Tout le monde déclare qu’il faut faire de la culture, sans cela nous manquerons de légumes l’hiver prochain. Ce n’est déjà pas très abondant cette année. L’on fait bêcher ses pelouses et cultiver ses jardins. Il paraît qu’à Nice, au lieu de planter des champs de fleurs, on mettra du blé et des pommes de terre. Là-bas, les élèves des lycées vont l’après-midi faire du jardinage. C’est bien dommage que chez madame Loth on n’en fasse pas autant !

 


 

[1] J’étais avec les Australiens ce jour-là alors qu’ils déferlaient sur Bapaume, et ils montraient leurs trophées comme des hommes à une foire de campagne […] Je me rappelle un colonel australien qui arriva à cheval avec une chope à bière allemande accrochée à sa selle […] Le jour suivant, malgré les obus qui éclataient encore dans les ruines, des garçons australiens exposèrent des décors peints qu’ils avaient trouvés dans les décombres et y inscrivirent à la craie « Coo-ee Theater » (« Coo-ee » est un appel qu’on lance dans la brousse australienne pour retrouver ses amis)

Philip Gibbs, Now It Can Be Told, (Maintenant, on peut raconter) Londres, http://www.gutenberg.org/dirs/etext02/nicbt10.txt

 

Publié dans : La guerre 1914 1918 |le 24 octobre, 1917 |Pas de Commentaires »

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