1908 – Pauvre petite soeur Germaine !

1908… Un jour d’automne, je jouais sur la terrasse avec Germaine, le vent sifflait dans les grands tilleuls, leurs feuilles jaunies se détachaient une à une et venaient tourbillonner à nos pieds. J’étais contente. J’aimais le vent, j’aimais la musique étrange et violente qu’il produisait en secouant la cime des arbres. Blottie dans la cabane, j’écoutais et je rêvais… Par contre, ce spectacle et ces bruits n’étaient pas du goût de Germaine ; je lui dis :

-     Veux-tu, on va s’amuser : nous serions des petites filles volées par les bohémiens, nous aurions froid, nous pleurerions ? Hi ! Hi ! HI ! Papa ! Maman !

Saisie par le réalisme profond de cette scène, Germaine se mit à pleurer pour de bon.

-      Non ! Je ne veux pas être une petite fille volée ! Maman ! Je veux Maman !

Cette douleur si vraie m’étonna d’abord, m’effraya ensuite. J’essayai de consoler la pauvre gosse, de lui dire que ce n’était pas vrai, que c’était pour rire, rien n’y fit. Je dus reconduire Germaine à Maman et me convaincre qu’elle était trop petite pour goûter le genre de divertissement qui m’enchantait.

Publié dans : Germaine |le 21 mai, 1908 |Pas de Commentaires »

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