3- A propos

Andrée Dupuis, dame du XXième Siècle, qui avait la rage du stylo et qui ne crachait pas sur un petit verre de Bordeaux

Nous avons retrouvé dans une malle un fatras de papiers et de cahiers. C’est dactylographié ou écrit d’une écriture fine à la plume . Il y en a des montagnes de papiers. Des textes et des dessins et des photos.

Ce qui est écrit est parfois amusant, parfois très triste.

On trouve des poésies, beaucoup de poésies, des petites pièces de théâtre aussi. Des récits. Des récits de sa vie : un journal de petite fille. Et puis celui de toute une vie, depuis la première guerre mondiale qu’elle observe d’un oeil impatient de gamine, jusqu’à la vieille dame qui lutte et s’engage pour la paix dans le monde.   Peut-être 900 pages !

Cette femme, c’est Andrée Dupuis…  La petite Dée, amusante fillette de Louviers…  Mademoiselle Dupuis, interne au collège de Douai puis étudiante en pharmacie…     Madame Lacassagne !  une épouse de médecin volage et mère de famille….

Dédée… ! Une grand-mère vraiment pas comme les autres.  Quel roman que cette vie !

En 1921, elle avait 17 ans, elle écrivait :

Qui suis-je ? Je l’ignore. D’où viens-je ? Je n’en ai aucune idée. Où vais-je ? Je n’en sais pas davantage.

M’inspirant un peu trop d’un traité de philosophie élémentaire appartenant à Papa, lequel j’ai dévoré avec un intérêt passionné, j’en suis arrivée à me demander ce que je suis venue faire en ce bas monde. Je n’ai pas encore trouvé une réponse satisfaisante à cette question ; cette réponse, je l’attends, donc, avec assez de tranquillité, ma foi. Elle arrivera peut-être un jour… Aux yeux de la société et devant la loi, je suis un personnage qui ne compte guère, n’étant pas majeure. Je m’appelle Andrée Marie Louise Dupuis. Je suis née le 27 mars 1903, à Paris, au numéro cinq du boulevard Morland.

Ceci n’est rien moins que l’histoire de ma jeunesse, complétée de celle de mon existence entière, celle écrite au fur et à mesure de mes journées. Je voudrais qu’en ces pages tînt à peu près toute ma vie et, aussi, les diverses faces de mon caractère, au travers des mouvements et des variations de mon existence. Je dois avouer que, jusqu’ici, ni mon caractère ni mon existence n’ont présenté rien de bien remarquable ni même aucun trait qui sortît de la banalité. Qu’importe ? C’est pour moi-même que je barbouille ces pages, moins par besoin de m’épancher que par désir de fixer sur un miroir immuable quelque chose de ce qui est « Moi »  

Le 15 août 1938, elle avait 35 ans :

(…) J’ai absolument besoin de laisser ces témoignages dans le meilleur état possible. Si ça n’est pas moi qui peut les utiliser ce sera, j’en suis certaine, quelqu’un d’autre, un de mes enfants, un de leurs amis qui trouvera moyen de tirer quelque chose, je ne sais pas quoi, de ces notes éparses. Rien n’est perdu, rien n’est inutile dans le monde.

 

Publié dans : ||le 17 janvier, 2009 |6 Commentaires »

6 Commentaires Commenter.

  1. le 20 janvier, 2009 à 14:56 booguie écrit:

    eh! ça démarre bien
    à quand la suite cela a l’air d’être passionnant
    bonne continuation et une bienvenu
    à plus je l’espère

    Dernière publication sur Liberté d'expression. : Mon avenir avec lui...

  2. le 20 janvier, 2009 à 15:01 booguie écrit:

    Très bon départ ce blog on a hâte de voir la suite

    Dernière publication sur Liberté d'expression. : Mon avenir avec lui...

  3. le 1 février, 2009 à 12:01 Troubat Jean écrit:

    Ton idée est formidable. Pauvre DéDéE !!!

  4. le 23 mars, 2009 à 17:21 booguie écrit:

    rien écrit d’autre depuis, bonne semaine

    Dernière publication sur Liberté d'expression. : Mon avenir avec lui...

  5. le 11 avril, 2009 à 16:19 florence écrit:

    Je trouve ça à la fois mystérieux et stimulant de remonter la vie de ses aeuils car c’est une partie de nous…

  6. le 11 avril, 2009 à 16:37 richardtroubat écrit:

    Merci Florence pour ce commentaire.
    C’est en effet stimulant, c’est surtout très émouvant et, surtout, grâce à nos anciens qui écrivaient beaucoup, il nous reste de vrais témoignages.(Nous avons de quoi publier un livre de près de 700 pages)
    Aujourd’hui, on n’écrit plus beaucoup, sauf des personnes comme vous et grâce aux blogs. Mais que restera-t-il des blogs dans le futurs ?

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